Yaarh ! Lancez vous à l'eau ! Venez incarner un pirate, une Autorité ou un citoyen.
 

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 Dans la pénombre - Avec Elliot

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Sohlaly
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MessageSujet: Dans la pénombre - Avec Elliot   Lun 26 Mai - 22:15

Ah non.

Non non non non non non non. Non.

Gol’ n’avait absolument pas envie de retourner à Landylake. Il avait d’excellentes raisons, d’ailleurs.

Soyons francs, ce n’était pas comme si sa famille habitait dans les environs, de même qu’une bonne faction de la garde royale, des autorités, de la noblesse qu’il avait fréquentée… avant de tourner le dos à sa famille, à son roi, à ses lois, à ses connaissances pour devenir pirate.

Non après tout. S’il se faisait attraper, que pourrait-il lui arriver ? Mourir ? Soit, ce serait extrêmement malchanceux. Mais il y avait pire. On pouvait le ramener chez lui. Et alors là… il perdrait et ses rêves, et sa liberté. Comble du désespoir.
Or notre cher Gol’ commençait à comprendre qu’il n’était pas forcément le plus chanceux des pirates. Oh, il était né avec une cuiller d’or sertie de diamant dans la bouche, à n’en pas douter. Mais question piraterie et vandalisme, il avait encore besoin de faire ses preuves. Le dernier exemple en date avait été une erreur – petite, somme toute, commise sans qu’il ne s’en rendisse compte – sur le Pacte, le bateau des Ferrés, l’équipage où il se construirait aujourd’hui une nouvelle famille.
Mais on aura beau connaitre les bons mots pour expliquer que cette carte n’était pas bien visible, dans le noir, que ce saut était plein d’une eau vaseuse que, certes, on avait oublié de vider la dernière fois, mais alors, ça arrive ? Et que cette carte tombe dans le saut pourrait encore passer pour un aléa des voyages en mer. Mais alors, il s’était empressé de l’y tirer ! Il l’avait levé bien haut dans les airs, par réflexe, il en était content !

Après, qu’une bougie se trouve allumée juste à cet instant à cet endroit précis….

Bref, une carte mi- brûlée, mi- trempée, c’était peu probable, mais possible.
On aura beau avoir une bonne rhétorique, disions-nous, quand l’interlocuteur refuse d’écouter, l’histoire est mal partie.

Et comment pouvait-il savoir que cette carte était vraiment très importante ? Comment pouvait-il savoir aussi qu’il avait versé le matin même leur reste d’encre dans le même saut dégoûtant ?

Bref. Un coup de pied dans l’arrière-train et voilà Gol’ qui se retrouvait à Landylake avec une corvée sur les bras en punition, celle de trouver et de l’encre, et du papier.


Tant d’amusement, pour une journée grise et pluvieuse…


Gol’ avait pris une cape de Cale. Elle était beaucoup trop grande, sentait un peu le moisi et il n’avait pas eu le temps de lui demander sa permission mais il en avait absolument besoin, savait déjà qu’il refuserait et avait conscience qu’il n’en aurait pas besoin, dans ses jeu d’alcools… et autres.

Seul dans les ruelles malfamées d’une ville qu’il redécouvrait sous un nouveau jour, le jeune homme suivit les quelques instructions que lui avait donnée une Esvir furibonde. Il frissonna. Cette femme avait tout pour faire peur, pas étonnant qu’elle soit aussi respectée par tout l’équipage, et qu’elle tienne tête à la plus grosse brute de toutes, ce monstre vantard mais puissant qu’était Cale.

Gol’ poussa poursuivit son chemin au détour d’une ruelle. Plus il avançait, moins il croisait de badeaux. Ce qui le rassura au début finit par l’inquiéter. Ce silence n’était pas normal. On n’entendait plus que les clapotis de la pluie sur les pierres, les rats qui gémissaient dans l’ombre, ses pas qui raisonnaient entre les murs.
On lui avait dit qu’il y avait dans les parages un magasin tenu par un ami des pirates. Il y trouverait tout ce qu’il cherchait. Oh, Gol aurait pu aller dans la meilleure papeterie de la ville, mais il savait qu’on le reconnaîtrait. Il avait voulu refuser sa mission, mais comment leur expliquer ? Personne ne devait connaître ses origines, personne.

Une porte s’ouvrit sur une échoppe plongée dans la pénombre et poussiéreuse. Au moins n’était-il déjà plus sous l’averse.

« Y’a-t-il quelqu’un ? » demanda-t-il à la cantonade sans que personne ne lui réponde.

Il fit deux pas en avant, faisant grincer le sol de bois. Un bruissement attira son attention.

« Je suis à la recherche d’encre, continua-t-il en retirant la capuche trop grande de la cape trop large qu’il portait. Y’a quelqu’un ? »

Un bruit sourd provenant d’en bas. Se penchant en avant à l’instant même où un éclaire éclaira la pièce, Gol aperçut une trappe cachée entre les lattes en bois. Regardant de droite à gauche, il tira sa pièce fétiche de sa poche et demanda au hasard de lui indiquer quoi faire. Fortuna trancha : il descendrait.

Il ne se voyait pas revenir sans ses courses, et le ciel n’aurait pas fait tant de lumière à cet instant précis si ce n’était pas pour lui montrer le chemin, n’était-il pas ?

Fort de cette constatation et pensant que sa chance avait peut-être réellement tournée, il acheva de se pencher (et sa capuche reprit sa place sans qu’il ne le fasse exprès), souleva la trappe et descendit les quelques marches qui menaient à un sous-sol de stockage faiblement éclairé par la lueur de quelques bougies.
Arrivé à mi-chemin, Gol’ se rendit compte qu’il n’était pas le seul client, non. Certains hommes procédaient à un échange. Il acheva sa descente et s’immobilisa pour attendre poliment son tour.

Mais quelque chose ne tournait pas rond. Il avait été discret, oui, il en avait l’habitude maintenant – Il s’était déjà reçu plusieurs projectiles à la figure pour ne pas avoir été assez discret sur le Pacte – même si ça relevait du miracle pour le coup, et les hommes n’avaient certes pas levé les yeux vers lui, mais était-il normal que trois hommes à l’apparence piratesque échangent deux petits coffrets pleins de… tabac ? à l’odeur, il aurait parié sur cela, contre un coffret… d’or ? Oui, ils l’avaient ouvert pour que les autres puissent en compter le contenu.

Mais pourquoi les acheteurs ressemblaient-ils à des agents de la milice ?

Ça ne sentait pas bon. Ça ne sentait pas bon du tout.

« ça sent le coup fourré ! » cracha soudainement un des pirates en se levant. « Y’a pas tout ce qu’on avait demandé ici ! »

« Ah ouais ? répondit une Autorité en se levant de même. Si t’es pas content, racaille, fait un pas en avant et je te coupe les doigts ! »

« Laisse-tomber, Tim, Y’a c’qu’on veut. »

« Et l'otage ? »

« Z’avez payé pour le tabac. Pas pour sa vie. Z’avez jusqu’à ce soir ou on l’finit. C’est clair ? »

Celui qui s’était levé fit un pas en avant mais l’autre l’arrêta.

« Chui un homme de parole, dit-l’autre de sa voix trainante et rauque de fumeur. Ce soir. »

Gol entendit une chaise qui racle sur le sol et des bruits de pas. Caché dans l’ombre par sa longue cape, les Autorités ne le virent pas. Ils lui passèrent à côté sans un mot mais en lançant de rapides coup d’œil en arrière, leur marchandise sous les bras.

Les pirates se mirent à rire. Gol’ sentit que c’était le meilleur moment pour lui de s’éclipser. Il s’était clairement trompé de boutique. Ou alors, il avait raté les heures d’ouverture. À tout tenter, il préférait attendre gentiment à l’extérieur et faire comme s’il n’avait pas vu des pirates soudoyer des Autorités qui au passage s’en allaient avec de la marchandise illégale.

Il avait entendu des rumeurs sur les réseaux secrets de Landylake mais…

Un saut. Décidément, il avait un problème avec ces choses ! Un saut se trouvait sur son chemin. Il se prit le pied dedans, trébucha et s’étala de tout son long dans le cercle de lumière.

Un incroyable et effroyable silence s’installa dans la pièce.

« Un espion ! s’exclama soudainement un des hommes. »

Ah ça ! Pour ne pas se faire remarquer…
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Gaki
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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Sam 14 Juin - 0:22

Quel ennui...mais quel ennui ! La mélancolie maladive d'Elliot revenait une fois de plus au grand galop. Contrats des gérants de fumeries d'opium, renouvelés, nouvelles informations à archiver à la bibliothèque, classées, missions du mois à venir, rédigées. Elliot avait tout terminé et fignolé dans un temps record , il était d'une efficacité remarquable avec l'administration quand il s'ennuyait....Sauf qu'une fois tout ceci fini, et bien l'ennui revenait, rien d'étonnant. Dans ces moments la, il se revoit enfant, à la cour royale, seul dans les jardins après avoir subit les multiples cours et leçons ingurgitées de force pour paraître un enfant digne. Mais la connaissance et ce prestige qu'elle émanait ne pouvait pas effacer instantanément un scandale qu'il n'avait pas prévu...convaincu pourtant que les gens le croirait. Et donc suite à ça, beaucoup de parents ne recommandait pas à leurs enfants de traîner avec lui, ayant peur que celui ci les influences sans doute, sans compter que les enfants eux même avait peur de ce petit marquis au physique angélique mais ténébreux et méprisant avec quiconque voulant lui adresser la parole. De jeunes héritiers s'étaient même amusé à lui donner des surnoms, comme « Le démon » , « Le vampire » ou encore « Le spectre ». Des surnoms qui malgré tout plaisait à Elliot, car c'est ce qu'il voulait, paraître inaccessible et effrayant, et il aimait faire peur de sa seule présence à ces abrutis soumis par leurs parents. Parallèlement, les filles elles, y voyait une sorte de fascination chez ce garçon froid, cinglant et taciturne, ce qu'il mit très peu de temps à s'en rendre compte...et a en tirer profit.
Mais malgré les années qui passent, l'ennui était toujours la, même quand on était l'équivalent d'un prince des ténèbres qui pouvait exercer le moindre caprice sur son royaume parallèle. Et quand le capitaine s'ennuyait, les membres pouvait s'attendre à n'importe quoi, gare aux nouvelles recrues qui n'avaient pas l'habitude, car ses soudaines exigences pouvaient leurs donner des sueurs froides.

« ...Demy... !»

Marmonna Elliot d'un ton languissant. Quelques secondes à peine, Demetra ou la jeune fille fantomatique de quatorze ans au poste de script principale et également de secrétaire, sortie de la pièce d'à côté dont la porte était ouverte, étant son propre bureau. Elle débarqua silencieusement dans le grand bureau d'Elliot, d'un air passif, inexpressif et répondit calmement d'un ton monotone.

« Qu'il y a t-il ? »

Elliot, affalé sur son bureau tel un gosse s'ennuyant cruellement en classe, lançant un regard de chien battu à Demetra. C'était souvent qu'il adoptait une attitude enfantine de la sorte, une sorte de mise en scène volontaire et théâtrale, un de ses multiples masques de lunatiques chronique, qui lui servait entre autre à s'amuser à jouer un rôle bidon ou parfois se moquer ou mépriser un personne.

« ...Je m’ennuie. »

La jeune fille ne changea pas d'expression pour autant,  restant de marbre, sans bouger, se contentant simplement de lentement cligné des yeux. Elle était sûrement la plus habituée aux soudains changements d'humeur de son capitaine, et de par son intelligence sur développé, elle avait réussi à le cerner plutôt rapidement, ce que peu de gens pouvait faire dans ce bas monde.
Elle ouvrit rapidement son dossier de cuir, vérifiant l'agenda du capitaine.

« Les contrats à renouvelés ? La vérification de l'archivage ? La rédaction des missions ? »

Tout du long de sa phrase, Elliot prononça de petits « Fait. » alanguis, se perdant lentement le regard à différent point de la pièce chacun leurs tours. Demetra se contenta de claper d'un coup sec son dossier , pour continuer, toujours du même ton.

« Alors vous n'avez plus rien à faire. »

Elliot, le regard fixant un point au dessus de la porte de son bureau, d'une mélancolie presque dépressive, soupira longuement. Et comme pour s'occuper désespérément l'esprit, se mit à faire glisser de droite à gauche légèrement et lentement l'encrier placé au bout du bureau, pour enfin reposer son regard mélancolique sur Demetra, la tête entre ses bras, il marmonna, le comportement toujours aussi enfantin.

« Joue aux échecs avec moi... »

Demetra, toujours aussi apathique, lui répondit calmement.

« Je n'en vois pas l'intérêt, puisque mes chances de gagner sont proche de 1,8%, demandez à quelqu'un d'autres. »

Le capitaine, gémissant de déception à cette réponse, s'engouffra le visage entre ses bras, et tenta d'exprimer quelque chose à sa secrétaire, sa voix étouffée.
La jeune fille se contenta simplement de hausser un sourcil interrogatif. Pour demander, de ce ton toujours aussi monotone.

« Je n'ai pas entendu ce que vous venez de dire Capitaine. »

Elliot levant la tête, revenant à la surface, répéta, une légère exaspération dans le voix.

« Même pas un seul client ? »

Demetra ouvrit immédiatement une nouvelle fois son dossier, vérifiant les rendez-vous notés de la journée. Impassible, elle referma aussi sec son dossier, pour répondre.

« Le dernier était à 17h30 aujourd'hui, les prochains sont prévus pour demain. »

Déçu, le regard désespéré, un air déprimée, Elliot soupira longuement tout en se reculant dans sa chaise. Il n'y avait vraiment plus rien à faire ? Après tout il pouvait très bien aller choisir au hasard une victime pour une partie d'échec...mais à quoi bon défier un amateur qu'il mettra au tapis en deux minutes. De plus sa commandante n'était même pas la...toujours absente quand on avait besoin d'elle. En temps normal elle l’exaspérait plus qu'autre chose, mais dans ces temps d'ennui, son jouet venait à lui manquer particulièrement.
Il n'y avait plus qu'une solution, celle qu'il utilisait souvent en cas d'urgence mélancolique, l'alcool.
Délaissant soudainement son comportement gamin, reprenant son attitude distinguée et droite habituelle.

« Bon et bien....Demy, fais moi apporter un verre de vin je te prie. »

La jeune fille s’exécuta en silence, sortant du bureau, allant donner l'ordre aux petits moussaillons nouvellement recrutés faisant également office de larbin à leurs heures perdues. Elliot quand à lui, s'affala de plus belle sur son bureau, observant de nouveau calmement chaque coin et recoin de la pièce, s'assurant qu'elle était d'une propreté impeccable. Vérifiant d’éventuels grains de poussières sur les étagères, toile d'araignées dans les coins du plafond et également objets n'étant pas à leurs places....Cependant tout semblait en ordre, comme d'habitude.
Lorsque soudainement la porte de son bureau s'ouvrit, c'était Demetra. Elle fit deux pas dans la pièce, semblant porteuse d'une nouvelle.

« Un espion Férrés à été arrêté par deux de vos hommes non loin de l'entrée des souterrains, il semblerait qu'il ai assisté à une transaction effectué avec des autorités. Ils attendent en ce moment dans le hall.»

Un grand sourire s'élargit progressivement sur le visage d'Elliot, lui donnant une expression presque démoniaque. Enfin du mouvement, enfin quelque chose à se mettre sous la dent, adieu l'ennui, bonjour le divertissement. Calmement, ayant comme d'un coup retrouvé toute sa réactivité morbide, il répondit en une sorte de murmure sinistre, souriant.

« Faites le rentrer. »

Un hochement de tête en guise de réponse, et Demetra était déjà partie transmettre le message.
Un espion Férré hein ? Il avait du mal à y croire, l'espionnage n'était pas une des spécialités de ce cher Gaps. Les Férrés détenaient juste un simple réseau bancal de mendiants crasseux qui surveillait aléatoirement les rues quand ils n'étaient pas ivre mort. Et Elliot doutait du fait que Gaps lui fasse défaut, surtout à propos des transactions douteuse de son équipage. Gaps n'était pas du genre à chercher les ennuis et encore moins avec les équipages concurrents. Et bien...l'avenir proche nous confirmera tout cela très bientôt..

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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Mar 1 Juil - 12:33

De l’eau qui coule par petites goutes. Un rongeur dont les petites pattes griffues raclent le sol. Une odeur nauséabonde qui prend les sinus et ne veut plus les lâcher. Une humidité étouffante, une température glaciale.

Assis à genoux dans ce qui semblait être une flaque de… Gol’ décida que c’était de l’eau. Et si ce n’était pas le cas, il voulait tout de même s’en persuader. Assis donc à genoux sur un sol terriblement sal et insalubre, enrobé dans la cape qu’il avait emprunté à Cale – et qu’il ferait mieux de laver une bonne dizaine de fois s’il voulait pouvoir le lui rendre… quoi que. Il ne s’en rendrait peut-être même pas compte, vu comme lui abordait l’hygiène – Gol’ attendait. Il cligna des yeux deux fois de suite, le reste du corps entièrement immobile. Ses mains étaient attachées dans son dos et on était partit en lui disant de ne pas bouger. Alors il ne bougeait pas.

Tout en se demandant comment il avait fait pour se retrouver là.

Sérieusement.

Le hasard avait voulu qu’il se retrouve chez les Ferrés, certes. Mais c’était pour le meilleur ! Pour une fois que la vie lui offrait de suivre un chemin qui lui plaisait… Gol’ avait donc finit par penser qu’il était chanceux. Malgré tout ce qu’il avait pu vivre, il était persuadé, grand optimiste qu’il était, d’être sincèrement chanceux.

Alors comment se faisait-il qu’il se retrouve aujourd’hui à genoux dans une cave, à dix pieds sous terre, là où personne, même pas lui, ne savait où il se cachait ni même pourquoi. Comment il avait fait pour rester discret dix bonnes minutes en observant une scène qu’il n’aurait, apparemment, pas du voir, puis se faire repérer en dix secondes, ligoté, battre – sa pauvre joue lui brûlait encore, certainement rougie. Les malfrats ! Les forbans ! Les… Pirates !

Non attendez. Ça ne comptait pas, ça.

Quoi qu’il en soit, il attendait sa mort assis dans le noir, avec pour seul compagnie un rat boiteux, qui plus est, et une odeur… mais une odeur ! I Espérait que le paradis sentirait meilleur, tout de même.
Une porte s’ouvrit en grinçant. Ah ? Serait-ce l’enfer qui l’attendait ? Grâce, n’importe quoi sauf cette odeur ! Il suivrait Lucifer si c’était ce qu’il était écrit. Bon, les Parques exagéraient un peu, tout de même, mais soit ! Il embrasserait la mort fièrement.

- Eh Toi ! Lève-toi.

Fièrement, certes. Mais ses genoux refusaient de le porter. Bon. Il suivrait Lucifer n’importe où si ce dernier venait le chercher. Et le porter, aussi. Non, tout de même. Fallait pas exagérer.

- Oh Chiffe-molle ! Le capitaine veut te voir ! Debout là-dedans !

Un Capitaine ? OH !

Gol’ déglutit péniblement – imprimant ainsi le doux parfum des latrines sur sa langue – salua le rat d’un signe de tête et rejoignit la lumière.

Même le vieux pirate à la voix rauque plissa du nez lorsqu’il passa à côté de lui. Gol’ attendit poliment que l’homme ferme la porte et le suivit d’un pas tranquille dans quelques longs couloirs aux allures de plus en plus élégantes. Quelle aventure, mes amis ! Il allait voir le capitaine, lui expliquer le malentendu, ressortirait, passerait par le magasin et rejoindrait le Pacte joyeusement – et fièrement ! Après tout, il venait de faire face à la mort, dans cette pièce aussi sombre que…

L’expression – qu’il n’avait entendu que de la bouche de Cale et qui faisait preuve d’un vocabulaire fleuri et doré de métaphores imaginatives – n’eut pas le temps de se former dans son esprit. Son geôlier de fortune toqua discrètement à une porte et y poussa le jeune homme qui manqua trébucher. Il se redressa, les bras toujours attachés derrière son dos et cachés par la cape, et regarda autour de lui.
Il regretta de ne pas pouvoir enfiler son monocle. Ça en aurait valu la peine.

La pièce avait des allures de bibliothèques d’une élégance et d’un goût exquis. Aux murs, des bibliothèques d’acajou que venait reprendre en teinte un long bureau dans le fond. Eclairés de bougies, le lieu était confortable et formel. Gol’ repensa au bureau de son père, au palais, et se dit que celui-ci n’avait rien à envier à ce dernier.

Un homme était assis derrière le bureau. Gol’ était encore trop loin pour en détailler les traits, mais d’un homme de goût il s’agissait, et dans le monde de rustre où il évoluait à présent, c’était une rencontre qui lui faisait plaisir. Enfin, un peu de civilité !

Il s’inclina élégamment en avant pour saluer celui qu’ils appelaient le Capitaine.

- Monsieur, je….

- Voilà l’espion, lança simplement une jeune femme d’une voix totalement neutre.

Gol’ se redressa en déglutissant. Le quoi ?
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Gaki
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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Lun 1 Sep - 20:19



Comme prévu Demetra lui avait calmement ramener le dit espion, comme la compétente et efficace secrétaire qu'elle était. Le fantôme à ses côtés, l'homme en question passa les portes du bureau d'Elliot. D'allure visiblement jeune, la vingtaine, grand, blond mais semblant tellement penaud, pataud et faible que le terme d'espion ne lui sciais guère. Un terme qui lui sciais si peu que le pourcentage de véracité de son soit disant statut dégringola à la seconde ou Elliot le vit entrer dans la pièce. Il était clair qu'il ne correspondait pas à l'idée de ce qu'on se faisait d'un espion, non, celui ci ressemblait plus à un simple moussaillon fraîchement recruté. Sa simple attitude en disait long sur sa situation , observant le bureau d'un air à la fois légèrement paniqué et surpris, il était clair qu'il ne savait pas ou il se trouvait et surtout qui venait de le convoquer...Quelle déception, et Elliot qui avait secrètement espéré tomber sur un vrai espion et ainsi avoir un prétexte de renvoyer la balle à Gaps...Rien de bien divertissant en fin de compte.
Le pauvre garçon s'arrêta à un mètre du bureau, semblant ne pas oser s'avancer davantage, le salua tout en bégayant quelque chose d'inintelligible noyé dans l'absence d'effort d'articulation. Cependant Elliot tiqua. Jusqu'ici il n'avait l'air d'être qu'un simple moussaillon à peine formé qui avait pour seul utilité de passer la serpillière sur le pont du bateau. Mais cependant, ce gamin venait d'effectuer une courbette des plus...précises. Aucun jeunes vrais pirates n'auraient réussi à effectué un tel salut aussi soigné, même par imitation. La cadence, le degré d'inclinaison vers l'avant, la hauteur de la main gauche, le placement du pied droit...tout semblait...assimilé, appris Toute cette analyse rapide de cette simple courbette mena Elliot à cette conclusion : Un noble ? Ou plutôt ancien noble dans son cas. La conclusion a peine atteinte, qu'Elliot chercha immédiatement dans ses souvenirs afin de savoir si il n'avait pas déjà croisé ce garçon à la cour royale. Certains dirait que c'est chercher une aiguille dans une botte de foin, mais la haute-noblesse comptait très peu d'individu. Cela s'apparentait plus à une communauté fermée qu'a une catégorie sociale entière. Et la plupart du temps pratiquement toutes les grandes familles se connaissaient entre elles.
Tout en fouillant dans ses souvenirs, d'un geste calme digne des plus grand diplomates, il invita siplement le Ferré à s’asseoir sur la chaise placé en face de lui de l'autre côté du bureau, prévue à cette effet, ou plutôt prévu pour ses clients venant consulter ses qualités d'informateur généralement. Le sondant d'un regard perçant, comme cherchant à recaler son visage dans ses souvenirs de haut-noble.

« Parfait, tu peux disposer Demy. »


Dit il à la jeune fille fantomatique sans pour autant quitter du regard le jeune Ferré. Demetra quand a elle acquiesça simplement, visage inexpressif sous sa franche noire, pour sortir sans un bruit du bureau.
Elliot se recula alors lentement dans son grand fauteuil rouge bordeaux style Louis XV, s'accoudant à l'accoudoir droit, croisa les jambes, s'appuyant légèrement la tête sur le dos de sa main.

« Bien... »

Marquant volontairement une petite pause, tout en continuant de le dévisager de manière perçante, sa recherche mentale toujours en cours.

« ...Vous ne savez pas ou vous vous trouvez en ce moment n'est ce pas  ? »

Il était clair pour Elliot, cet homme était complètement perdu, et absolument pas au courant de l'endroit ou il se trouvait. Il devait même être à peine informé du monde souterrains et sombre qui s'agitait sous ses pieds quand il marchait le long de l'avenue principale de Landylake. Et c'est comme ça que ce pauvre Gaps gérait ses nouveaux arrivants ? Il ne les informait même pas un petit peu du risque qu'ils avaient à tomber tel des papillons de nuits dans cette toile déployée sur toute la capitale...Non franchement, quel manque de professionnalisme. Voila ou ça a mener ce pauvre garçon toujours...mais pas de panique, l'araignée économisait son venin pour des proies plus utiles.


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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Mer 3 Sep - 11:24

Gol’ cligna des yeux.

C’était comme si un sceau d’eau glacée s’était abattue sur sa tête, l’assommant d’une part, le trempant de l’autre.

Cette voix ne lui était pas inconnue.

Il regretta instantanément de ne pas porter son monocle. Il était trop loin pour clairement distinguer les traits de l’homme qui lui faisait face. Il plissa légèrement les yeux, d’un air presque imperceptible, se concentra. Oui. Il avait connu cet homme. Dans une autre vie. Une dizaine d’année auparavant, au moins.
Vilsburt n’avait pas eu à avoir recours aux calculs depuis longtemps. Lorsqu’on vivait sur un navire, qu’on occupait, de plus, le rôle d’un mousse, les taches étaient basiques et manuelles. Il se contentait de suivre les ordres, bien que là non plus il ne soit pas très doué. La réflexion, ça, ce lui semblait bien plus naturel. Il avait passé sa vie à réfléchir, tant que son imagination et ses rêveries étaient ses seules récréations.
Aussi se mit-il à réfléchir rapidement. Sa tête était découverte, on voyait son visage. Mais la cape recouvrait son corps tout entier, ce qu’il pouvait peut-être exploiter. Lentement, oui, très lentement, il pencha un peu la tête en avant. Le geste était discret, presque naturel. Oh, il aurait mal au dos dans peu de temps, mais il en allait de sa survie : il devait tenir.

Son visage était poussiéreux, il empestait. Son petit voyage dans la geôle, soudain, lui plut.
L’homme lui fit un élégant geste de la main que Gol ne put s’empêcher de remarquer. Il avait une éducation. Il avait des manières.

Il était dangereux.

Vilsburt su qu’il devait agir vite. Il ne savait pas pourquoi son cœur battait aussi rapidement contre ses tempes, mais la réflexion ici viendrait directement après ses premiers pas dans le bureau. Son but ultime était de ne pas se faire reconnaître. Le second, de sortir d’ici sans trop d’encombres.
Il obéit à l’ordre tacite de s’asseoir, mais le fit en se tordant. Il marcha étrangement, un peu boiteux, tordu, disgracieux, et se laissa tomber sur une chaise, en face de l’imposant bureau.

« Bien »
commença l’homme en face de lui sans cesser de le dévisager.

Il ne fallut que deux secondes à Gol pour comprendre que cette créature au regard de serpent civilisé mais à la morsure mortelle serait sa plus grande menace. À nouveau, pas pour sa vie, non, mais pour sa liberté.

Qui était-il ?


« Vous ne savez pas où vous vous trouvez en ce moment, n’est-ce pas ? »


Cette voix… ce ton… hautain, délicat, clair et précis… Cet homme, lui, savait précisément où il était, ce qu’il y faisait, et pourquoi.

Il devait gagner du temps. Gol était un pirate idiot, mais un homme observateur lorsqu’un enjeu était de mise. Toute cette infrastructure, les précautions prises pour l’amener ici, ses mains gardées attachées dans son dos, et ce regard scrutateur qui tentait de lui arracher tous ses secrets…
Mais le plus grand de tous devrait rester caché, et pour cela il devait mentir sur sa personne, se déguiser, se transformer.

Il se maudit de ne pas s’être entrainé auparavant. Mais il prit une profonde inspiration : Il était temps pour lui de jouer aux imitateurs.


«  Hm, grogna-t-il à la manière de Cale, d’une voix que la soif avait rendue rauque, que la peur avait rendue grave, M’ssieur chais pô du tout c’que j’f.. fous là. »


Fort bien. Il ne s’en sortait pas trop mal. Une voix changée, un regard fuyant, un corps caché, une épaule relevée pour une silhouette distordue, un visage sale, une longue cape sombre digne du plus habitué des sans-abris.

Il ne fallait pas que cet homme puisse voir en lui le noble qu’il avait été, et qui avait tendance à lui coller à la peau un peu trop souvent.


« Sauf vo’t respect, M’ssieur, j’crois just’ qu’j’me suis… paumé. »
, termina-t-i en déglutissant, mais fière tout de même d’avoir trouvé le mot qu’il cherchait.

Jamais il n’avait parlé de manière aussi peu convenante de toute sa vie, il en était mi- honteux, mi- fier. Un failli sourire de son audace. Comme c’était… Cocasse !!


« V’voyez, là, je… je ‘’foutait’’ just’ mes… mes ‘’besognes’’ pour que’qu’un, v’voyez, j’devais ach’ter que’qu’chose pis j’me suis… paumé. »


Non, décidément, ce mot était trop amusant à prononcer. Lui-même n’était pas certain de se faire comprendre, il n’avait pas l’habitude d’un tel vocabulaire, ni d’autant mâcher ses mots. D’autant plus qu’il parlait bas.


« Ouais, chais, ça s’emble invraisemblable… euh, j’veux dire, ‘z… zarb’ »


Il n’osait pas regarder en face de lui, faisait plutôt glisser son regard sur les murs, le bureau, ses genoux. L’ordre des choses était proprement organisé, les objets étaient de la meilleure qualité possible. Il fouilla dans ses souvenirs pour tenter de comprendre où il était, se souvint de la liste que lui avait faite Esvir. Le Capitaine des Ouragans ? Elle n’en avait rien dit, sauf qu’ils étaient discrets. Certes, cet homme savait se cacher, mais il semblait aussi savoir se montrer ! Celui des Bêtes ?
Pourquoi pas… Il était un animal sauvage, certes, peut-être un félin, certainement un reptile… mais on lui avait surtout dit qu’ils n’étaient pas très civilisés, aussi raya-t-il cette idée de sa tête. Celui des Ferrés ? Non, voyons, il en était un lui-même, il savait bien que non. Alors… un Savant ?
Mais que faisaient les savants, déjà ? Ils… recueillaient des informations en tout genre, n’était-il pas ?
Une sueur froide remonta le long de son dos. Il avait bien fait d’essayer de se cacher.

Mais qui était le capitaine des Savants ?

Gol’ leva les yeux vers cet homme qui l’observait et se figea d’un coup. Il ne l’avait pas regardé depuis qu’il s’était approché.

Son regard ne s’était pas posé sur ce visage depuis… une éternité.

Car en effet il connaissait cet homme.

Et qu’il devenait urgent pour lui de quitter cette pièce. Car le Capitaine des Savants était et serait définitivement la pire chose qui pourrait lui arriver. Intelligent, calculateur, capable et homme d’affaire remarquable… enfant doué qu’il avait souvent admiré dans sa jeunesse pour l’avoir côtoyé de loin, dans une école privée, fils maudit d’une famille qu’il avait connu…

Le démon Van Tassel.

Gol déglutit.

Il avait froid.
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Gaki
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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Jeu 4 Sep - 3:10

Cela l’énervait. Oui, cela l'énervait particulièrement de ne pas arriver à se rappeler de l'ancien rang, du nom et ainsi de la famille de ce blondinet. Il était presque sur à cent pour cent qu'il l'avait croisé à la cour du roi. Durant son enfance ? Adolescence ? Il n'arrivait même pas à replacer correctement ce visage dans le temps, et bon sang, que ça l’agaçait. Il détestait proprement de ne pas se rappeler de quelque chose, et pourtant, dieu seul savait que cela lui arrivait rarement. Cette minuscule amnésie faisait plus que de simplement l’énerver, il se décevait lui même, s'auto-tachant son égo.
Ne pas se rappeler de ce blondinet alors qu'il était quasiment sur de l'avoir vu durant la période ou il était à la cour royale, il devait bien y avoir une raison à cet oubli. La première chose qui vint à l'esprit d'Elliot, c'est que ce blondinet devait être à l'époque particulièrement insignifiant pour ne pas s'en rappeler autant.
C'est ainsi que tout en essayant tant bien que mal de placer un nom et un souvenir sur ce visage, il ne le lâcha pas des yeux durant tout le temps ou l'inconnu s’approcha de la chaise jusqu'à s'y asseoir.
Ce qui semblait être l’espion imaginaire, répondit alors d'une manière disons...étrange à la question d'Elliot. Il baragouina comme quoi il s'était perdu et ne savais pas du tout pourquoi il s'était retrouvé la, ce qui était surement vrai. Cependant, il s'exprima avec un de ces accents des rues absolument insupportable, dont d'ailleurs Gaps avait l'habitude d'adopter. Seulement, l'accent de Gaps avait une différence avec celui du blondinet, il était naturel. Oui Elliot l'avait bien compris, et il n'y avait pas besoin d'avoir une intelligence sur développée pour le remarquer, car la contradiction était trop forte. En effet, effectuer une telle révérence dites exemplaire, précise et typique de ce qu'on apprend à des héritiers de la haute noblesse, pour la seconde suivante, adopter une démarche bancale autant au sens propre qu'au sens figuré tout en répondant d'un accent des rues monstrueusement exagéré. Pauvre enfant.
Et comme si cela ne suffisait pas, il aggrava son cas avec une petit erreur de comédien.

« Ouais, chais, ça s’emble invraisemblable… euh, j’veux dire, ‘z… zarb' »

Sa vraie nature le trahit malgré lui. C'était souvent ce qui arrivait au comédien en cruel manque de pratique, surtout que le stress que devait lui procurer la situation influençait probablement sa concentration sur sa comédie.
Et pendant que ce pauvre diable baragouinait de cet accent artificiel, Elliot s’avança dans son fauteuil, s'appuyant ainsi les coudes sur le bureau, joignant les mains pour y poser sa tête et ne put s’empêcher d'afficher cette expression particulière. Celle ou vous froncez légèrement les sourcils tout en souriant faiblement. Comme si un enfant venait vous exposer ses théories totalement dénuées de sens et que vous faisiez semblant de l'écouter et d’approuver ce qu'il expose pour lui faire plaisir. Et ainsi, Elliot lui laissa pleinement le temps de terminer son petit discours, dans le but de le laisser s'enfoncer davantage. Cherchant à ce qu'il se rende compte par lui même qu'il était partiellement d"masqué depuis un petit moment déjà.
Une fois les paroles du blondinet terminées, Elliot prit le soin de laisser un bref silence s’installer dans la pièce, pour enfin le casser précédé d'un long soupire aux notes amusées tout en se renfonçant dans son siège.

«  Allons allons...faites moi plaisir, ne gaspillez pas votre énergie à paraître plus crédible, vous éviterez à mes pauvres oreilles d'entendre cet accent des plus agaçants...»

Le Capitaine des Savants marqua une nouvelle pause, calculée, affichant de plus belle ce léger sourire amusé qui ne donnait pas confiance pour autant.
Posant de nouveau son coude droit sur l'accoudoir et s'appuyant la tête contre le dos de sa main, les jambes toujours croisées, il continua de ce même ton calme faussement rassurant.

« ...Une révérence si bien réalisée suivie d'une comédie pareille, allégez votre conscience et admettez que cela ne tienne pas debout hm ? »

Un nouveau silence s'installa, l'atmosphère devait paraître bien pesant pour ce pauvre homme...
Elliot détourna alors le regard pour le poser sur l'encrier qui était placé à gauche sur son bureau. D'un geste simple, il le pivota légèrement, réajustant son angle d'inclinaison, afin qu'il soit parfaitement parallèle avec le bord du bureau. Tout en exécutant ce tic, il continua, mais cette fois ci d'une note un peu plus sèche.

« ...Votre nom ? »

Le regard encore posé sur l'encrier, pour une seconde après, fixer de nouveau l'inconnu.
Oui, pendant tout ce petit temps l'esprit du Capitaine marchait à toute allure afin de retrouver un nom, un événement, perdu dans les méandres des souvenirs d'une adolescence et enfance qu'il avait mit de côté dans un coin de sa tête depuis plusieurs années. Même si tout ce passé n'était pas si ancien que ça, ayant seulement vingt trois ans. Mais il ne cessera pas de s'acharner, il se connaissait. Tant qu'il n'aurait pas trouver ce qu'il convoite et n'aura pas vaincu son propre esprit il ne s'arrêtera pas de chercher, ne lâchera pas le morceau, que cela l'énerve ou non.
Son nom ? Il y avait très peu de chance que celui ci lui donne gentiment présenté sur un plateau d'argent car Elliot l'avait bien vu; qu'en jouant soudainement ce double jeu, le jeune homme avait perdu sa chance d'être cru, mais surtout, il venait de prouver qu'il souhaitait garder cela secret....et c'est ce détail qui était le plus intéressant.

._______________
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Sohlaly
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MessageSujet: Re: Dans la pénombre - Avec Elliot   Ven 5 Sep - 16:05



Une fois de plus, Gol’ prouvait que ses talents d’acteurs laissaient à désirer. Mais ce n’était pas grave. Il affinerait ses aptitudes, et deviendrait le meilleur dramaturge de son époque.

À n’en pas douter.

Enfin, s’il se sortait de là.

Il connaissait Van Tassel de réputation. Ils s’étaient connus de nombreuses années auparavant, mais n’évoluaient pas dans le même cercle, notamment à cause de leur différence d’âge. Et puis, son père n’aimait pas beaucoup la famille Van Tassel. Il disait qu’ils n’étaient pas une bonne fréquentation, sans pour autant pouvoir affirmer en quoi. Une intuition, disait-il simplement.

Les années avaient confirmé.

Et donc, malgré les conseils de son avisé de père, l’héritier Golden se retrouvait devant le fils Van Tassel. Non pas qu’il eut pu l’éviter. Enfin, si, mais non.

La question n’était pas là. La chance de Gol était de ne pas encore avoir été reconnu. Mais cela ne saurait tarder, surtout s’il était amené à donner son nom.

Alors, que répondre ? Il ne devait pas tarder, ou l’autre flairerait le mensonge.

Impossible de dire ‘’Gol’ ‘’, sa réponse habituelle. Le lien avec les Golden serait bien trop évident. De même que Vilsburt, d’ailleurs. Après tout, si sa révérence l’avait trahi, une syllabe de trop et adieu son secret.

Donc, pas de Gol. Autant tout de suite dire ‘’Golden’’, à ce compte-là. Mais il ne voulait pas abandonner aussi vite.

Et si… et s’il prononçait rapidement ? Peut-être ne saisirait-il pas et abandonnerait ?
Le silence de la pièce n’était pas encouragent, cependant. Pas plus que son regard.

Bon. Et s’il le disait vite ? Et deux fois de plus ? Non ? Alors plus ?
GolGolGol…

On aurait dit qu’il se noyait.

Bien que l’idée soit amusante, elle ne lui servait pas à grand-chose dans l’instant présent. Lorsqu’il reverrait Esvir, cependant, il ne se priverait pas de le lui faire remarquer.


« Regarde et riGOLe, on dirait que je glougloute ! Golgolgolgolgol… oh, ou alors que je me sers un verre, tiens…. »


Il faillit rire bêtement. Puis se souvint de sa situation.

Il se racla la gorge en détournant le regard. Il imagina lui servir une fausse identité, mais imagina bien que s’il recroisait un jour sa route – ce qu’il n’espérait pas – il ne serait pas des meilleures humeurs.
Tant pis pour ça. Et tant pis aussi pour un mensonge plus gros encore, comme ‘’ Olga’’. Non pas que le challenge ne serait pas amusant à relever, simplement qu’il sentait d’office que ça ne passerait pas.

Et s'il s'inventait quelque chose? RiGOLetto, par exemple?
Non, trop long. Mais étrangement musical, cependant.

Bien. Jouant le tout pour le tout, il releva le nez vers le Capitaine, sans pour autant le regarder en face, et :

« Log. On m’appelle Log. »


Cela lui rappelait un principe mathématique qu’un de ses précepteurs avait tenté de lui enseigner. « Le logarithme de base b d'un nombre réel strictement positif est la puissance à laquelle il faut élever la base b pour obtenir ce nombre. », disait-il de sa voix ennuyeuse.

Ah, ce cher professeur W. Pédia. Mais c’était trop nouveau, et le maître lui-même pensait que ça ne tiendrait pas. John Napier n’était qu’un illuminé de plus.

Il s’empressa d’enchaîner :

« Capitaine, je suis navré de vous avoir dérangé, vraiment, mais tout n’est qu’une regrettable erreur, je me suis perdu et… vraiment, si je pouvais me contenter de m’en aller comme si de rien n’était, je suis certain que nous pourrions arriver à un accord. Un panier de fruit pour m’excuser du dérangement, cela vous conviendrait-il ? »

Log. Ça semblait bien. Comme ça, au pire, il dirait que sa langue avait fourché sur le coup du stress.


Il était certain de ne pas être le seul à atteindre ce stade, dans ce bureau.
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