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 Oh Compagnons! (RP Esvir)

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Sohlaly
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MessageSujet: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 7 Avr - 16:48

Calico, par un jour nuageux.

La carriole s’arrêta au bord d’une route boueuse, les chevaux s’ébrouèrent, le coché les calma de sa voix puissante. Ce cri se perdit dans la cohue habituelle de la grande ville portuaire, et tout cela se déroula sans que personne ne leur prête la moindre attention. La porte s’ouvrit et un homme s’extirpa du véhicule, une jambe après l’autre, avant que le reste de son corps fin ne suive le mouvement et ne s’étire avec soulagement. Trop étriqué. Il n’aimait pas particulièrement les espaces confinés.

Vilsburt se tenait debout sur le trottoir crotté et ne sembla pas s’en incommoder d’avantage. Certainement ne l’avait-il pas remarqué, tout simplement. Ses yeux brillaient de curiosité à chaque fois qu’il les tournait vers un nouvel objet, une nouvelle choppe, un nouveau quidam.

Il tira de la poche de son gilet taillé sur mesure un petit monocle cerclé d’or, finement ouvragé. L’objet à lui seul valait plus cher, à n’en point douter, que le chargement complet de poissons – morts depuis longtemps et à la verge de la pourriture – qui passa non loin de lui et qu’il observa tranquillement.

Le coché s’approcha, un grand sourire duquel manquaient de nombreuses dents pendu au visage. Ramené sur terre, Vilsburt tira de sa poche une petite bourse, dans lequel il prit deux piécettes. Les yeux de l’homme brillèrent. Il s’inclina maladroitement par trois fois et attendit que le jeune homme ne se retourne et ne s’en aille pour partir à son tour.

Le pas de notre compagnon était énergique, et cela pouvait se comprendre. Il était encore jeune et avait besoin de se dépenser, même s’il n’avait absolument rien de sportif dans son apparence. On aurait d’ailleurs pu le penser chétif, si ses riches vêtements ne le seyaient pas aussi bien.

Il s’arrêta devant une vitrine si salle qu’il ne s’y voyait que parcellement. Cela ne le gêna pas. Vilsburt ne se considérait pas comme beau, mais on disait de lui qu’il avait quelque chose ‘’d’intéressant’’. Sa pensée, hypocritement, lorsqu’on le lui disait directement, était simplement qu’on parlât de sa richesse. Elle était, sans aucun doute, très intéressante. Il avait alors tendance à hausser les épaules et changer de sujet. Il ne regardait que rarement son reflet, car il disait ressembler à son père, et si cela n’avait rien de dramatique, il n’aimait pas penser qu’il puisse, un jour, arborer le même air concentré et épuisé de son paternel. ‘’Père’’ ne semblait jamais avoir été jeune. Vilsburt était à peine adulte : il voulait vivre avant de s’enfermer dans un bureau, fut-il dans le palais du Roi.

Le choix ne lui appartenait pas, cependant, et il en était parfaitement conscient.
Il tapota inconsciemment la bourse, dans sa poche. Il y transportait un blason, un sceau de la plus haute importance, avec lequel il devait signer un contrat qui se voudrait fructueux pour les affaires familiales.

Fils, employé, enfant ou adulte, il n’avait jamais fait la différence entre ces statuts.
Il était Vilsburt Golden, avait une vie et un avenir cousus de fils d’or, et il se devait de mériter sa place.

Il reprit sa route en se frottant sa fine barbe, inconsciemment. Il lui fallut attendre quelques instants et parcourir de nombreux mètres pour se rendre compte qu’il s’éloignait de plus en plus de l’adresse cherchée, et qu’il allait se mettre en retard. Aussi, coupant court à ses divagations, il fit demi-tour et se fit bousculer par une enfant aux joues creuses et au regard d’ange. Deux grands yeux qui se levèrent vers lui, deux yeux effrayés, affamés et épuisés.

Pris de compassion notre jeune ami tira une fois de plus la monnaie de sa poche et lui tendit une pièce. Le sourire que l’enfant lui fit fit fonde quelque chose au fond de lui, et il demeura interdit quelques instants avant de sourire à son tour. Son visage tout entier se transforma : son regard s’adoucit, ses sourcils prirent la forme d’une douce courbe, et la tension autour de ses yeux se relâcha pour laisser apparaitre de petites pâtes d’oies.
Elle repartit bien vite et amena, fière comme un paon, la pièce à une jeune femme courbée par le labeur et cernée par la fatigue. Vilsburt vit la petite le signer du bout du doigt, sa mère le regarder, confuse, et s’incliner profondément. Elle prit sa fille dans ses bras, et son sourire la rendit belle et juvénile à nouveau.
Il reprit son chemin, les mains dans les poches, en se sentant fier et vide à la fois. L’argent rendait les gens heureux, à ne pas douter. Mais comme chacun le sait, une pièce est froide comme la mort.
Vilsburt ne manquait de rien, sauf de chaleur. Oh, il en avait reçu, certes ! Sa nourrice. Une jeune femme adorable, qui s’était occupée de lui lorsqu’il était petit, et qui lui contait tant d’histoires fantastiques et fantasques, qui avaient excité en lui cette curiosité qui était la sienne.
Mais de nourrice il n’en avait plus l’usage, et de chaleur il n’en avait que de factices. Celles de poignées de mains entre hommes gantés, celles de lèvres effleurées sur les pâles peaux des gentes dames, ou celle, parfois, de la joue de sa fiancée.

Il chassa rapidement ces pensées et revint sur ses souvenirs d'enfance. Il avait pris cette habitude, au fil des années : pour ne pas fatiguer son esprit, pour ne pas le refroidir, lui aussi, et pour ne pas le laisser dériver sur des calculs interminables de financiers, il repensait aux mythes et aux légendes de son enfance.
Il avait tout lu. Tout ! Cicéron, Apulée, Hérodote, Virgile, Horace, Properce, Sapho, Platon, Homère. Les grands héros n’avaient plus de secret pour lui. Mais, assoiffé de connaissances et d’histoires, il était parti à la recherche d’autres récits, et ce fut cette chère Nounou qui les lui conta. Elle trouvait du plaisir à partager ses propres connaissances, bien que maigres et axées sur la mer. Son époux était marin, et il s’en disait, des choses sur les mers !
C’est ainsi que le fils Golden se vit apprendre le nom des grands généraux de la marine, l’Histoire des mers et ses inquisitions, de même que les terribles équipages Pirates qui les sillonnaient…
Les Savants ! Les Bêtes ! Les Ouragans ! Les Ferrés !
Conduits par un des plus grands esprits de l’époque, le bateau ne prenait que des êtres raffinés et instruits. Extrêmement dangereux, les Savants….
Sauvagerie, cruauté animale et primitive, pour rien au monde il ne voulait avoir à confronter l’équipage de Bêtes. On lui avait dit qu’ils déchiquetaient la gorge de leurs ennemis… de leurs propres dents. Légende ?
Ouragans…. Un nom bien particulier, quand on savait qu’ils étaient les plus discrets de tous. Une bourrasque d’ombres, à n’en pas douter, sinueuses et silencieuse…
Et les Ferrés. Que dire d’eux ? Vilsburt s’y intéressait particulièrement. On racontait que c’était une famille qui n’avait pas besoin des liens de sangs pour s’y reconnaitre. Les plus soudés, les plus fidèles, ou la trahison était vue comme la pire des malédictions…
Lui qui n’avait pas de frères, lui qui avait toujours froid (même s’il s’échauffait à force d’imaginations et en vivant la vie de ses héros dans ses rêves), cette chaleur avait quelque chose de fascinant.
Une fois de plus perdu dans ses pensées – c’en devenait une habitude ! - il jouait inconsciemment avec la fameuse bourse qu’il n’avait toujours pas rangée… et qui lui fut soudainement subtilisée.
Son voleur courut dans une ruelle sombre et Vilsburt le suivit sans plus tarder. Il ne prit pas le temps de réfléchir, pas plus qu’il ne pensa appeler à l’aide. Son voleur, d’ailleurs, s’était certainement fié à son apparence et avait dû penser qu’il appellerait la garde plutôt que de le suivre personnellement, car il ne tarda pas à ralentir le pas. Quel noble serait assez fou pour s’engager dans les bas quartiers ?
Mais c’est pourtant ce qu’il fit. Il calma son souffle, se cacha à un angle pour voir où entrait l’homme. Son bon sens lui revint enfin : à présent qu’il savait où s’était engagé le manant, il n’aurait qu’à prévenir quelqu’un et on lui rapporterait son bien.
Mais au moment de revenir sur ses pas, Vilsburt hésita. Pour la première fois depuis très longtemps, il fit un pas en avant, s’arrêta et se retourna lentement.
Le bâtiment – une vieille auberge apparemment mal famée – semblait être un de ces lieux paillards où l’on buvait de l’alcool fort, où l’on entendant chanter et où de belles et exotiques demoiselles venaient danser.

Une telle chance d’assouvir un peu son immense curiosité ne se représenterait pas. Il n’aurait pas souvent l’occasion d’approcher d’un tel lieu. « Et qui sait ? » pensa-t-il. « Le voleur pourrait s’en aller trop vite, et je le perdrais. Or il faut à tout prix que je récupère le sceau. »
Usant de cette excuse fort commode, les yeux brillants de curiosité et le pas léger, le jeune héritier s’élança vers l’établissement.

Il poussa le battant et pénétra dans l’ombre.
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Zozheed
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 7 Avr - 22:27

Le départ était imminent, le capitaine avait accordé une ultime journée à l'équipage dans leur ville de prédilections. Après leur assez long séjour à terre, tout l'équipage était requinqué et prêt à repartir à l'autre bout du monde. Mais, n'est en moins, une dernière journée à terre, ça se fête. Et ça, Esvir en avait bien l’intention. Accompagnée de sa plus fidèle bande de compagnon : Marcus, le blond canonnier à l'humour graveleux; Garry, marin polyvalent à la descente d'alcool effrayante; Eric, un des cartographes fan des bastons de tavernes et Russell, un autre canonnier tout aussi raffiné que ces autres camarades.
Le matin même, ils s'étaient retrouvés sur la plage, où, suite à une discussion sur « comment fêté le dernier jour sur terre », Russell avait tracé un petit schéma bigrement intéressant sur le sable. Le principe ? Se mettre une mine pour le moins mémorable en faisant le tour des tavernes de la ville et finir dans une auberge pour le moins huppée afin de mettre un peu l'ambiance parmi les fonctionnaires ou autres pères de famille.

Désireux de commencer par une valeur sûre, ils jetèrent leur dévolu, d'un commun accord, sur la taverne du phare. Ladite taverne était l'un des coins les plus glauque de Calico. Proche du bord port, elle attirait principalement les marins et filles de joies défraîchies. Mais l'endroit était charismatique : sale, sombre, odorant, mêlant sueur, alcool et tabac froid. Les boissons y étaient mauvaises et la nourriture rendait malade rien qu'à son aspect repoussant. Le propriétaire n'avait pas grand chose pour lui non plus : sa peau était creusée par des cicatrices laissées par une acnés tardive, il laissait ses cheveux mi-longs, suintant de gras et de pellicules tombé le long de sa nuque et était gros, très gros avec une face porcine. Cette dernière était renfrognée et comptait facilement quatre double-mentons et les rares fois où il ouvrait la bouche, c'était pour cracher dans ses  verres, rendus opaque par l'usure. Mais, malgré ces nombreuses qualités, c'était un contact sûr pour les Ferrés, toujours prêt à les couvrir où à les prévenir en cas de danger.

C'est donc là-bas que nos cinq ferrés tout guillerets, bras dessus bras dessous, se rendait d'un pas énergique. Arrivés sur place, Garry rattrapa la porte qu'un client venait de laissé tombé derrière lui et déboula dans la pièce sombre en braillant d'une voix grasseyante :

"Frank, du rhum !"



Aucun d'entre eux ne connaissaient le véritable prénom du tavernier, du coup, le couperet était tombé, et tous dans l'équipage l'appelaient « Frank ».

Les trois autres hommes pénétrèrent dans l'établissement avant Esvir, bousculant tous ceux qui étaient sur leur passage. Celle-ci entra, tranquillement, une fois le ménage fait par ses compagnons. Elle se stoppa juste après la porte, attendant qu'ils aient passé commande, balayant la salle des yeux, comme à son habitude. Près d'elle se trouvait un homme, à qui elle adressa un sourire comme salutation. Elle ne détourna pas son regard pour autant et le scruta, de manière assez grossière, de haut en bas. Qu'est-ce que ce zouf ? Elle senti son faciès se figer dans une incompréhension marquée. Cet homme était bien habillé, barbe soignée, catogan parfait, semblait sentir bon -chose rare ici bas-,  et avait une attitude assez noble et gracieuse. Elle se répéta en se demandant qu'est-ce que ce zouf ? Que faisait-il ici ?
Son sourire s'étira en un quartier de lune moqueur et un peu carnassier. Elle siffla et dit :

"Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phoenix des hôtes de ces.... de ces... elle jaugea à nouveau son environnement avant de revenir à son vis-à-vis: ...bars" Conclu-t-elle avec le même sourire en inclinant son buste comme pour faire une révérence.

Les pirates n'étaient pas connu pour être très doué en poésie, mais au moins Esvir connaissait quelques classiques. Elle ne cherchait pas à être agressive avec ce jeune homme, mais cette pique était trop belle pour passer à côté. Elle reprit avec une mine radoucie :

"Vous cherchez quelqu'un ?" A ce moment-là Esvir aperçu quelque chose qui la détourna de l'homme. Elle franchi en trois grandes enjambées pressées l'espace qui la séparait du comptoir et se coucha sur le bois poisseux afin de poser la main sur le verre en toute hâte :

"Nan, Frank, pas de glaire pour moi, juste du rhum, merci."
Mais trop tard, la chose était envoyée et c'était écrasée sur le gant d'Esvir. Elle tâta vaguement du regard l'écume jaunâtre sur son gant. Elle le retira avec dégoût et le posa sur le bar derrière elle.
L'action n'avait duré que quelques secondes, si bien qu'Esvir reprit le fil de la discussion comme si de rien n'était, mais du comptoir cette fois :

"Ou vous vous êtes perdu ? Car c'est tenté le diable de traîné comme ça par ici...Sans laisser l'homme répondre les autres Ferrés les hélèrent, coupant à nouveau la conversation, mêlant plaintes et propos scabreux. Esvir, d'une voix autoritaire leur lança : Silence les enfants, maman parle !" Puis son regard vert se porta à nouveau sur le jeune bourgeois. Enfin, il y avait suffisamment de calme pour qu'il puisse faire entendre sa voix.

._______________
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mar 8 Avr - 19:50

Vilsburt voyait flou.
Oh, il aurait certes pu tirer son monocle de sa poche – qu’il avait soigneusement rangé avant d’entrer dans la taverne dans un soudain et heureux instinct de protection – mais même son autre œil ne voyait pas très clair, ce qui était inhabituel. Peut-être devait-il aller voir un physicien. Mais pourquoi, déjà ? Il tourna la tête à gauche, ou plutôt la laissa-t-il rouler. Son regard avait de la peine à se fixer sur quoi que ce soit. Ah oui. Sa vue. C’était étrange, oui oui, c’était étrange.
Il ouvrit la bouche pour demander de l’aide au tavernier, la referma quelques instants plus tard en ayant oublié ce qu’il voulait dire. Que faisait-il là ?
Il essaya en vain de se redresser, posa une main à plat sur le comptoir inexplicablement collant et, réprimant un hoquet, tenta de se remémorer ce qui l’avait amené dans ce lieu sordide.
Il se souvint être entré en conquérant, les bras grands ouverts, comme s’il s’attendait à surprendre quelque chose ou quelqu’un par sa soudaine arrivé. On avait à peine levé le nez vers lui. Se rendant compte qu’il devait être discret  - mais pourquoi, déjà ? – il avait rapidement collé sa démarche sur celle du premier venu, un gros lourdaud un peu pataud qui avançait à moitié recroquevillé sur lui-même, la nuque rentrée entre les épaules, les bras levés en cercle autour de lui et les mains tombant vers ses hanches, les jambes écartées en canard.
S’amusant sincèrement – Comme c’est pittoresque ! Comme c’est cocasse ! – il était allé s’asseoir au bar pour mieux garder à l’œil son voleur qui, victorieux et heureux de son larcin, était allé s’asseoir à une table du fond et comptait bien user une piécette de sa nouvelle bourse pour se payer à boire… et peut-être même les services d’une ou de plusieurs demoiselles.
Les yeux de Vilsburt s’étaient laissés portés vers cette gente féminine dont il avait tant entendu parler et il ne put réprimer une soudaine grimace qu’il se dépêcha de faire disparaître. Il fut cependant forcé de détourner les yeux pour ne pas avoir à les regarder fixement et de manière trop impolie. Il dû se faire violence – en plantant ses mains dans le bois, d’ailleurs – pour ne pas se retourner guigner par dessus son épaule pour vérifier que sa vue ne lui avait pas joué des tours. Leur laideur lui avait presque fait remonter de la bille par la gorge, et il cligna des paupières rapidement, tant les images qui s’étaient imprimés sur ses rétines lui piquaient les yeux.
Portant son attention sur le tavernier – un homme énorme qui tenait plus du cochon que de la race humaine, à dire vrai – il se pencha vers lui et lui demanda :
«  Mon Brave, un verre de votre meilleur vin ! »
L’autre le regarda sans broncher, en essuyant une choppe sale à l’aide d’un torchon plus crasseux encore. Il ne prit même pas la peine de réagir.
Un petit rire nerveux secoua notre ami qui, se tournant vers son voisin le plus proche – un vieil homme qui n’avait plus la moitié de ses cheveux sur le crâne, dont les deux bras étaient noircis de tatouages, les oreilles, le nez et la lèvre étaient couverts de bijoux métalliques et dont… Gol plissa des yeux. Dont un morceau du nez avait été arraché – désigna le récipient auquel il était accroché, il avait gonflé son torse et :

«  Tavernier ! La même chose ! »

Quelqu’un le bouscula légèrement à cet instant et il ne vit pas l’homme s’activer. Il entendit uniquement un bruit de gorge particulièrement gras provenant de quelque part, non loin – l’homme en question devrait utiliser un mouchoir. C’était peu délicat. Mais si… pittoresque ! – et il s’était retrouvé avec la chope entre les mains. Au même instant il entendit quelqu’un demander :
« Frank, du rhum ! »
Tout cela, et même si pour le jeune Vilsburt il s’agissait de la plus longue aventure de sa vie, n’avait duré que quelques minutes à peine. Dès l’instant où il trempa ses lèvres dans l’imbuvable pinard, Vilsburt fut bien incapable de réfléchir à quoi que ce soit. Sa vision se brouilla presque instantanément, en moins de temps qu’il ne fallait pour que l’alcool atteigne son estomac.  Il ne vit que deux grands yeux verts foncés le fixer étrangement et une voix au brin particulier mais loin d’être désagréable lui lancer quelques vers poétiques.
"Sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phœnix des hôtes de ces.... de ces... bars.  Vous cherchez quelqu’un ?’’, ajouta-t-elle ensuite gentiment.
Il la vit plonger par-dessus le comptoir en s’adressant au tavernier, mais ne put se concentrer que lorsqu’elle se tourna une nouvelle fois vers lui en reprenant: «Ou vous vous êtes perdu ? Car c'est tenté le diable de traîné comme ça par ici... »
Vilsburt s’en sentit presque flatté. Mais il était trop novice en la matière pour oser dire quoi que ce soit. Jamais une femme n’avait-elle pris les devants vers lui, et les commentaires obscènes que lançaient ce qui semblaient être ses compagnons – même s’il ne comprenait pas bien comment une jeune femme pouvait n’être accompagnée que d’hommes – le mirent légèrement mal à l’aise. S’il n’avait pas été dans un tel état, il aurait certainement fait face au groupe en leur demandant de mesurer leurs paroles. Mais il n’en était déjà plus là. Il se contenta de l’observer.
Elle était fine et vêtue d’une manière peu conventionnelle. Etonnement jolie malgré sa pose masculine et les quelques tatouages qu’il discernait sur son avant bras, le jeune homme ne releva que deux choses de son apparence peu singulière : son collier torsadé en or, et sa coiffure qui… comment dire… une partie de ses longs cheveux sombres étaient dressés vers le ciel.
Vilsburt était fasciné.  Pendant ce temps la jeune femme s’était tournée vers ce qui semblait être sa meute car elle leur lança d’un air faussement sévère mais d’un ton néanmoins autoritaire : « silence les enfants, maman parle ! » avant de se tourner vers lui.

-
Je… (il réprima un hoquet) je ne sais plus vraiment. Je cherche quelque chose. Je cherche quelqu’un.

Il fronça les sourcils en titubant légèrement. Que cherchait-il ? C’était important, assurément.  Il fronça les sourcils plus forts encore, à s’en faire plisser le front. Qu’est-ce qui était important? Ce qu'il aimait, car ce qu'il aimait devait certainement être important. Mais qu'aimait-il? Les aventures romanesques. Sa nourrice. Enfin, non (il secoua la tête comme un chien s’ébrouerait). Les histoires de sa Nounou lui racontait. La réponse lui semblait évidente. Les héros. La mer. La marine. Les légendes. Les pirates.
Sans bien comprendre ce qu’il faisait mais certain qu’il s’agissait-là de la chose la plus logique et la plus intelligente qu’il ait jamais faite, Vilsburt se redressa, tituba légèrement sur ses deux pieds, reprit son équilibre et, inspirant profondément à s’en faire exploser les poumons, dit haut et (peut-être un peut trop) fort :
«  Je cherche les Ferrés ! »
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Zozheed
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 14 Avr - 18:50

Esvir venait de remarqué l'air pour le moins éméché du jeune homme alors qu'il cherchait ses mots. Peut-être était-ce dû à la choppe qu'il tenait ?

"Je -hic- je ne sais plus vraiment. Je cherche quelque chose. Je cherche quelqu'un"

Okay, coco, t'es bien bourré songea Esvir pendant que ces amis, qui épiaient la scène, éclatèrent de rire face à l'étourdissement du bourgeois. Le front de ce dernier se plissa, signe d'une réflexion ardue. Puis il secoua la tête de manière enfantine. Assurément, il cherchait le fils de ses pensées. Esvir trouvait la scène marrante, elle se pencha légèrement, tentant d'attraper le regard de l'homme. Que pouvait-il bien se passé sous cette chevelure blonde ?
Puis il se redresser, un peu bancal, mais le torse bombé et déclara tout de go :

"Je cherche les Ferrés !"

Cette phrase résonna dans la taverne et fut suivi d'un silence tendu. Les Ferrés à leur table avaient troqué leur sourire contre une mine sombre et sérieuse. Esvir, quand à elle, demeura un instant interdite au bar, surprise de la réponse inattendue du protagoniste. Eric rompit le silence le temps de se lever, rappant les pieds de sa chaise sur le parquet noirci pas les ans. Il avait les bras le long du corps, les poings serrés, prêt à bondir sur l'homme trop indiscret à son goût. Esvir se redressa à son tour, le regard rivé vers la table de ses compagnons. A première vue, on aurait dit qu'ils se regardaient simplement, mais on remarquait, en y prêtant un peu plus d'attention, qu'un échange de micro mimiques se faisait entre les différents pirates. Ce dialogue muet permettait à chacun de donner son avis sans qu'un concile à bulle soit nécessaire. Certains froncèrent les sourcils, d'autre haussèrent les épaules alors que les derniers retroussèrent les babines. Après quelques secondes de flottement, Esvir rompit le silence dans une voix nerveusement enjouée :

"Héla, l'ami, pose cette choppe, l'alcool te fais plus de mal qu'autre chose. Puis, d'un ton nettement plus sec : Assieds-toi Eric."

Elle s'approcha à nouveau de l'homme au cheveux dorés de sa démarche nonchalante. Elle lui pris le bras afin de le passer sur ses épaules de manière à lui offrir un appui sûr et l'amena vers le fond de la salle. Elle le fit asseoir sur l'un des tabourets en lui disant sur un ton très amer :

"Toi, tu ferais mieux de la fermer de temps en temps, sinon tu vas te faire défoncer ton joli minois."

Elle tira le tabouret à côté de lui et s'assit sans délicatesse. Puis elle attrapa la choppe encore bien pleine de l’incongru personnage afin de voir ce qu'il avait mis dans cet état. Elle posa le nez au dessus et dit dans une grimace :

"Bon Dieu! Mais c'est quoi ce tord boyaux?"

Elle posa la reposa de l'autre côté du bar en maugréant avant de commander quelque chose de reconnu contre les effets néfastes de l'alcool et de tellement plus viril : du thé. -Ouh, tu la sens la testostérone ?-
Heureusement aucun des Ferrés ne l'avaient entendue, sinon elle aurait été charriée toute la soirée. Néanmoins, "Frank" haussa un sourcil, surpris. Mais sans rien dire, il se dirigea vers l'arrière salle. En attendant que la commande arriver, Esvir s'appuya sur le comptoir, regardant du coin de l’œil son via-à-vis, mêlant désolation et agacement le tout saupoudré de désespoir : Et ça veut être pirate...  

Après quelques minutes d'attente pour le moins pénible, "Frank" réapparu avec un bol ébréché en main. Il le posa devant Esvir qui paya sans un mot.

"Tiens, bois ça, dit-elle en poussant le récipient fumant devant l'inconnu. C'est plus de ton niveau et ça te fera du bien.  Elle fit tourné quelque fois son propre verre entre ses mains, mais voyant que l'autre ne buvait pas, elle pivota sur son tabouret, de façon a être face à lui: Et pour quelles raisons un garçon de bonne famille comme toi voudrait tout quitter pour la vie difficile et sans merci de marin, hm? Mariage compliqué? Affaire en baisse? Crise d'adolescence tardive?"

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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 14 Avr - 19:12

Assis sur son tabouret, au fond de la salle mal odorante, Vilsburt avait chaud. Chaud dans ses vêtements, chaud dans sa gorge, chaud dans son ventre, chaud dans sa tête.
La jeune femme lui parla. Il se tourna lentement vers elle pour se concentrer sur ses paroles.
Il les entendit avec attention, même s'il ne le montra pas. Ses mains ne firent aucun mouvement pour s'approcher du vieux bol qu'elle avait posé devant lui non plus. Il devait s'accrocher au tabouret. Il avait l'impression de tanguer.

Le regard du jeune homme avait eu de la peine à se fixer sur quelque point que ce soit depuis le début de la conversation et pourtant il n’eut aucun mal à planter ses yeux dans ceux de la jeune femme. Le silence se prolongea quelques secondes, et puis d’une voix étonnement mesurée :

«
Les plus grands héros de Troie, Ulysse le valeureux, Heracles le fort, Bellérophon l’ingénieux, tous ont quitté leur patrie et sont partis à l’aventure, à la recherche de quelque chose de plus grand qu’eux, sous l’ordre des Parques, des Moires, de Fortuna ou du destin. Nombreux ont pris la mer pour quitter Terre, nombreux ont suivi les vents et ont élu leurs compagnons pour famille
. »

Il prit le temps de l’observer quelques instants puis continua :

« Mariage compliqué, affaires, crise, peu m’importe ce que vous pensez. Tout n’est que contrat. J’en ai trop vu. J’en ai assez de suivre. On ne choisit pas ses origines, non, mais on choisit de lever le pied pour prendre une route lorsqu’elle se présente. Moi, même si je veux lever un pied parce que je l’ai choisi, aucune route sur terre n’accepte de me prendre. Elle me fait revenir là d’où je suis parti. La Terre, j’en ai assez. Je la connais et elle n’a rien à m’offrir. Mais les mers sont vastes, et il n’y a aucune route de tracée dessus, je pourrais aller n’importe où ! Je pourrais choisir. Et surtout, je pourrais… je pourrais…  Je veux des amis. Je veux des compagnons à soutenir. Je veux des frères à protéger.
On ne choisit pas sa naissance. Mais on construit sa famille. Si les mers sont aussi libres qu’elles le prétendent… Alors j’y ferai ma maison, et j’y aurais mes compagnons. Et c’est à ça que je pourrais me raccrocher. Parce que moi
(il se leva soudainement de sa chaise en la faisant tomber en arrière, il leva un bras vers le plafond et dit d’une voix forte :) Parce que moi, Moi je serai là pour eux, et Moi je me battrai pour eux ! (son bras retomba mollement le long de son flanc) Moi je ne les laisserai pas tomber. »
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mer 23 Avr - 10:36

Des mots, beaucoup trop de mots. La cadence adoptée par l'homme était impressionnante. Esvir le regardait, médusée, la bouche entrouverte et haussant de temps à autres une narine. Elle arrivait à crocher sur certains noms mais sans plus. Le blond lui parlait de héros mythologiques mais Esvir n'avait pas assez de culture dans ce domaine là pour apprécier le discours. Pour se donner du courage face à cette énergumène, elle saisit sa choppe pour boire trois grandes gorgées de rhum.
C'est alors qu'il se stoppa, elle voulut saisir l'occasion pour en placer une mais l'autre reparti de plus belle dans sa tirade. Décidément, il avait l'alcool causant celui-là. Mais il changea de discourt utilisant des termes beaucoup plus commun, malgré une tournure très aristocrate. Cette partie là, Esvir l'écouta avec attention, sérieuse, les sourcils froncés.
Les images qu'il utilisait étaient belles et elle se trouva de plus en plus convaincue qu'elle pourrait trouver en lui un homme digne de devenir un Ferré. Néanmoins, ce jeune homme semblait avoir un goût très prononcer pour des manières théâtrales si bien que le visage d'Esvir fondit en une mine désapprobatrice quand il se leva en reversant son tabouret, les bras au ciel pour déclarer ses ultimes strophes :

"Parce que moi, Moi je serai là pour eux, et Moi je me battrai pour eux ! Moi je ne les laisserai pas tomber."

La dernière phrase donna l'impression à Esvir qu'il allait se suicider si il n'était pas pris. Mais malgré le ton très dramatique du bourgeois, elle le sentit sincère et déterminé.
Elle choppa le pan de son gilet et le tira fermement pour le faire rasseoir car le silence était revenu dans la taverne. Tout le monde s'était tut pour assister à la scène qu'offrait cet homme. Et alors qu'elle allait à nouveau lui siffler d'être discret quelqu'un éclata de rire. Esvir se tourna vers l'individu qui se trouvait à la table dans le coin opposé de la taverne. Il s'agissait d'un jeune garçon, à peine majeur, à la tignasse noire et aux joues creusées par la misère. Esvir le toisa avec un air de défi, le désignant du menton pour qu'il expose la cause de son hilarité.

"Les Ferrés ? Ah ! Qui voudrait rejoindre cette bande de lâche ! A ces mots Esvir eut l'impression que ses cheveux se hissèrent encore plus sur sa tête. Je vous le dit, le prochain équipage à tomber c'est bien eux !"

A ce moment, comme si ils étaient mûs par le même esprit, tous les Ferrés se levèrent, feulant contre le scélérat. Mais cela n'eut pas l'air d'affecter le garçon, qui continua sur le même ton avec son petit air de fouine :

"Leur capitaine est un couard, leur navire, une épave et leur équipage... une bande de sodomite sans cervelle."
Il n'en fallait pas plus pour que l'un des ferrés se jeter sur lui tel un fauve, martelant sa face de coup de poing. Certains tentèrent de prendre la défense du petit mais très vite furent contrés par le reste de la bande.
Esvir saisit une bouteille et la lança à Garry qui passa à côté d'elle. Il L'attrapa et l'éclata sur le crâne d'un opposant. Et c'est généralement ainsi que débute une baston générale.

Esvir surveilla la scène quelques instants et jugea qu'ils se débrouillaient très bien sans elle. Elle s'assit à nouveau en face du blond avec un petit sourire, faisant fi des projectiles qui filaient sous son nez.

"Bien, bien. Après ces belles paroles...Nous allons voir ce qu'on peut faire pour toi... C'est quoi ton petit nom déjà ?"

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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 28 Avr - 9:08

Vilsburt ne comprenait pas très bien ce qu’il se passait.

Un instant plus tôt il faisait un discours sur la fraternité recherchée, sur la passion et la soif de l’aventure, sur le grand large, sur l’amitié, sur toutes les valeurs qu’il voulait admirer… et un instant plus tard les tabourets volaient, les verres et les nez se brisaient, les os se fracassaient et on se servait de tout – bouteille, bois, assiette ou… autres gens ?! – pour frapper le plus proche.

Malgré son ébriété qui l’empêchait de se rendre pleinement compte de la situation, Vilsburt se rendit compte que la jeune demoiselle n’était nullement impressionnée.

Il ne put se concentrer sur elle que lorsqu’elle se tourna une nouvelle fois pour lui parler. Il n’entendit, dans la cohue, que la fin, une question : « C’est quoi ton petit nom, déjà ? »

Aplatissant ses mains sur la table dans un grand bruit mou, il repoussa sa chaise qui tomba en arrière une fois de plus. Il vacilla, tenta une révérence. On ne change pas ses habitudes.

« …Olnem. Vils… Burt. »

Il se rendit compte que sa prononciation était devenue pâteuse, ce qui ne devait pas faciliter la compréhension. Surtout dans tout ce bruit. Il se pencha un peu plus vers elle, lui souffla son halène alcoolisée au visage lorsqu’il s’emmêla une fois de plus. À y repenser, on aurait pu penser qu’il avait dit « me nomme Vils-Burt ».

Une idée frappa soudainement sa conscience. Il parlait à quelqu’un qui connaissait les Ferrés. Il était perdu dans une taverne de malfrats et de mauvaises gens. Si on venait à connaitre son nom, il se ferait trancher la gorge immédiatement, ou pendre haut et court, sans écouter ses bonnes attentions.
Sauf que cette pensée se dilua dans les brumes de son esprit alors qu’il avait déjà commencé à se corriger. Il s’arrêta à mi-chemin :

« Vilsburt Gol’ »

Quelqu’un s’écrasa sur la table entre eux, un homme massif qui se releva aussitôt et se lança dans la bataille qui avait pris de telles proportions que Vilsburt se tourna vers eux, tituba (il n’avait plus rien sur quoi se tenir), se saisit du goulet d’une bouteille qui se trouvait miraculeusement sur la table voisine qui, tout aussi miraculeusement se tenait toujours debout, et se tournant courageusement vers la mêlée s’exclama :

« A l’abordage ! »
Il se rendit soudainement compte de ce qu’il disait, réprima un gloussement en glissant un petit « Comme c’est cocasse ! » en reprenant une expression faussement sérieuse et courageuse. Pour rien au monde ce jeune aristocrate aurait pu avoir l’air dangereux, mais en cet instant il s’en était persuadé, et il n'en fallait pas moins pour qu'à ses yeux il marche vaillamment, héros blond évoluant sous une lumière glorieuse, les trompettes du triomphe tonnant sous son crâne.

Il fit un pas, deux, puis trois, s’approchant inexorablement de la sueur et du sang, lorsqu’il glissa soudainement sur une flaque et s’écrasa sur le sol.

Cela suffit à lui faire perdre connaissance.

(petite nature, Va!)
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mer 7 Mai - 11:24

Le jeune homme ânonna une fois, puis deux, mais Esvir ne comprenait rien à ce qu'il disait malgré le fait qu'il se soit rapproché d'elle. Vilheart ? Vilbeurk ? Vilquelque chose. Esvir s'arrêta sur le Vil, seule syllabe dont elle était à peu près sûr. Elle n'entendis pas son nom car Russell s'était étalé sur le comptoir, pendant que l'autre essayait encore d’articuler quelques mots. Il avait sourit à Esvir, d'un sourire où une nouvelle dent manquait, et s'était relancé dans la baston en brayant:

"Pour Saint-George ! Haaaa !"
 
Elle n'eut pas le temps de comprendre ce qu’entreprenait son vis-à-vis que celui-ci imita le Ferré en se jetant dans la cohue avec un cri guerrier.
Mais le spectacle ne dura pas longtemps, au grand désespoir d'Esvir. « Vil » n'eut même pas le temps de se ramasser un mandale qu'il était déjà à terre. La scène était tellement ridicule qu'elle fit rire Esvir aux éclats.

"Quel Homme !" dit-elle, hilare et en applaudissant.

Mais voyant que « Vil » gisait inconscient au sol et qu'il risquait quand même de se faire piétiner à mort (si il ne l'était pas déjà), elle pris la peine de se lever pour aller voir son état.
Une fois à sa hauteur elle l'appela quelque fois. Voyant que rien ne se passait, elle s’accroupit pour voir si il respirait.  

"C'est bien Dugland, t'as pas réussi à te tuer de façon définitive, c'est déjà un bon début..."

Elle sonda la salle et voyant que le combat allait de mal en pis, prit la décision de prendre la poudre d'escampette avec machin sous le bras. Non, elle n'était pas cruelle au point de laissé un pauvre damoiseau sans défense parmi ces brutes.
 
Mais c'est qu'il s'agissait d'un beau bébé ! Esvir n'était pas une petit nature (elle au moins), mais un corps mort pèse trois tonnes. Après bien des efforts, elle était parvenu à le hisser sur l'une de ces épaules à la façon d'un sac à patates. Mais la taille du pauvre diable rendait la progression jusqu'à la sortie de la taverne encore plus laborieuse, sans parler du trajet.

La chaleur de l'après-midi avait pris les rues, c'est donc en sueur qu'Esvir déposa brutalement « Vil » contre une fontaine. Après avoir reprit son souffle elle s'attela à la tâche de la hisser jusqu'à l'eau. Pour se faire elle bascula les deux bras de l'inconscient par dessus le rebord de la fontaine, puis, le saisissant par la nuque, lui mit la tête dans l'eau pour essayer de le ramener parmi les vivants. Alors qu'elle répéta une nouvelle fois l'opération, une voix grave l'interpella :

"Tout va bien ? Elle leva les yeux et tomba sur deux autorités qui la regardait faire d'un air très suspicieux. En effet la scène, vue de l’extérieur, ressemblait plus à une exécution publique qu'à un sauvetage.
-Euh, oui, oui, tout va bien. Très bien même, mon ami a juste eut un petit coup de chaud." Dit-elle dans un sourire coupable.

Puis elle se rendit compte qu'elle avait laissé la tête du blond sous l'eau pendant un peu trop longtemps. Elle le retira en toute hâte et lui mit deux gifles pour voir si cela le réveillait. Cette technique s'avéra inefficacement, mais elle tenta tout de même de convaincre les autorités en leur disant :

"Vous voyez, il va bien. Il respire encore ! Le plus beau jour de sa vie quoi! Mais loin de radoucir les deux hommes, le plus moustachu reprit d'un ton autoritaire :
-Que voulez-vous à ce pauvre homme et dans cette... tenue ?"

Esvir réalisa alors qu'avec ses bottes à talon plat, ses culottes de gentilhomme, et son ample chemise en lin, elle était loin de correspondre aux idéaux féminins.  Elle fixa le premier autorité puis le second avant de revenir à la moustache impeccablement taillée du premier. Mais quand elle soutenu à nouveau leur regard son expression était devenu aguicheuse et sa voix douceâtre :


"Mais voyons, messieurs, je suis Elsa la garçonne !  Je comble certains désirs bien particuliers des hommes de cette ville puis quelques années. Et je peux affirmer, sans me vanter, que je suis plutôt douée dans ma profession." confia-t-elle en gloussant.

Elle pinçait « Vil' » aux flans en espérant qu'il se réveille. Puis elle reprit à l'attention du moustachu :


"Je connais des tours à t'en faire défrisé la moustache, mon mignon. Tu pourras venir me voir demain si tu es curieux. Je fais de bon prix pour les hommes uniforme. Je trouve cela tellement... Stimulant." conclut-elle avec un clin d’œil, si bien que ce dernier rougit un peu sous la gène.


Se faire passer pour une prostituée avait été la seule option qu'avait vu Esvir pour se sortir de cette situation et, grâce au ciel, ça avait l'air de marcher. Restait plus qu'à espérer que l'autre allait se réveiller et, dans son hébétement, acquiescer à tout ce qu'elle disait.

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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 12 Mai - 17:27

À dire vrai, deux fois avaient suffis, il sortait de l’inconscient. Les mouvements étaient pourtant si vigoureux qu’il n’avait pas le temps de lui faire comprendre qu’au-delà même de son geste, fort aimable, d’essayer de le ramener à la vie, elle le traînait à la mort.
Des taches sombres obstruèrent sa vue lorsqu’elle le laissa trop longtemps sous la surface. Elle le remonta d’un coup. Il était encore groggi et si fatigué qu’il demeura immobile, tenant à peine sur ses jambes, et reçut la morsure brûlante d’une claque au visage. Il n’eut pas le temps d’identifier ce qui dans son éducation s’apparentait à un outrage, car il tomba à genoux au bord de la fontaine, son front trempant dans l’eau le temps de se réveiller.
Les couleurs puis les sons finirent par trouver le chemin jusqu’à ses perceptions. Ils n’étaient pas seuls. Il prit son temps pour tenter de se remémorer ce qu’il s’était passé, comment il s’était retrouvé là. Le goût de la boisson imbuvable que le malotru lui avait servi lui revint à l’esprit et il manqua vomir. Il se retint, cependant, ce n’était pas poli.
La jeune dame avait-elle des ennuis ? Il fallait qu’il réagisse, il fallait qu’il aille lui porter secours !
Un regain d’énergie lui monta à la tête, il se redressa tant bien que mal, entre l’élégant et le ‘’Oh mes dieux j’ai la nausée’’, réprima d’ailleurs un haut-le-cœur et se tourna vers l’assistance. Il releva ses poings jusqu’aux hanches, bonda le torse et leur servit son sourire éclatant.
Mais d’éclatant, dans les environs, il n’y avait pas que lui. Il fut soudainement ébloui : qu’elle incroyable moustache…

[/size]
- Un problème, messieurs ? demanda-t-il de son ton engageant en empêchant une montée d’air de ne se terminer sur une note ingrate et grasse.

- Nous voulons nous assurer que madame ne vous cause pas de problème, bougonna Fabuleuse-Moustache dont le teint avait pris une délicate couleur écarlate.

- De problème ? demanda Vilsburt, transpirant, ayant encore un peu de peine à se concentrer.

Les deux hommes échangèrent un regard.


- Nous comprenons que ce genre de transaction reste discrète, Monsieur. Nous ferons comme si nous n’avions rien vu, reprit le second qui déjà faisait un pas en arrière.


Mais alors Vilsburt compris ce qu’on lui demandait, et il s’insurgea immédiatement. Sentant que lui aussi rougissait violement, il bondit en dressant les bras devant lui, secouant les mains pour débrouiller le malentendu :


- Non voyons, vous ne pensez tout de même pas que je… enfin, une femme de complaisance, je vous prie de croire… non voyons je…

Il bafouillait et s’empâtait dans ses mots. Il réfléchissait à toute vitesse. C’était une pirate, il en était certain, pas une de ces femmes de…. Mais… mais eux étaient des Agents. Elle était donc effectivement en danger !
Il comprit soudainement que c’était une ruse de sa part pour se tirer de ce traquenard, traquenard dans lequel elle s’était entrainée pour le ranimer. Quelle grandeur d’âme ! Quelle… intelligence !! Elle faisait semblant et faisait bien. Il devait se montrer à la hauteur, pensa-t-il.
Il lui lança une rapide œillade et lui fit un clin d’œil tout à fait innocent, dans l’idée de lui faire comprendre. Un clin d’œil qu’il pensait discret, d’ailleurs.

Les deux agents se regardèrent une nouvelle fois, désabusés. Non, bien sûr que non, ce jeune bourgeois n’avait pas du tout été attrapé par une femme de joie, cela semblait évident… et il mentait si bien !

Ils posèrent sur lui un regard mi-atterré, mi-juges et le fils Golden eut la très nette impression qu’on ne le croyait pas. Avant même qu'il n'ait le temps de s'exprimer, c’était fichu. Lui qui était pourtant si certain de ses jeunes pouvoirs d’acteurs… la désillusion avait un léger goût rance sur sa langue. Ah non. Ça, c’était encore l’alcool.
Il décida de changer de stratégie : aller vers la vérité.


- Très bien messieurs, on ne peut rien vous cacher. Je me suis fait voler ma bourse et…

- C’est elle qui vous l’a prise ? tonna Fabuleuse-Moustache.

- Non, pas tout à fait, rectifia-t-il, je devais même lui payer une consommation mais…

- Elle vous a forcé ? s’insurgea l’autre en fronçant les sourcils.

- Mais non voyons, je me suis proposé, mais ses amis et l’entourage n’ont pas appréciés quelque chose et, enfin, du grabuge a…

- Ils vous ont violenté ? gronda le premier en les regardant successivement, luiet la jeune femme.

- Ils ont bien failli mais là n’est pas la ques….

- Récapitulons, Monsieur, m’interrompit l’autre : Elle vous a volé votre bourse, a exigé que vous lui payiez un verre et quand vous avez refusé ses hommes de main ont voulu vous punir ?
[size=16]

Le jeune aventurier en herbe resta bouche-bée devant un tel malentendu. Alors voilà ce qu’il se passait quand on tentait de dire la vérité ? Autant mentir, dans ce cas ! L’injustice avait elle aussi un gout rance sur ses lèvres. Pour l’heure, il ne savait tout simplement pas quoi dire.
Il fallait le comprendre, tout de même : il s’était fait voler le sceau familial qui concluait tout contrat dont il était le possesseur, il avait suivi le voleur dans un trou à rat – mais tout de même atypique, se dit-il en passant – avant de se faire empoisonner par une chose qui, décidément, ne devait pas être légale ; avait rencontré une jeune pirate qui, semblait-il, faisait partie de l’équipage dont il avait toujours rêvé, avait courageusement…. Un peu… presque participé à une mêlée avant de se faire sauvagement assommer. (Par le plancher et une flaque malodorante, oui, mais ça il n’était pas obligé de le savoir) Il avait été réveillé par une noyade forcée et s’était trouvé soupçonné de prostitution.
Malgré tout son héroïsme, il devait s’avouer perdu. Ce n’était pas l’envie d’apprendre qui manquait, non, mais bien le manque de neurone, les quelques qu’il avait perdu en se brûlant la tête avec l’alcool, avec le coup qui l’avait mis à terre, avec l’eau qui… oui, vous savez tout cela.

Il se tourna donc vers la jeune femme, un petit sourire d’excuse expectative sur les lèvres. Il était temps d’observer et d’apprendre. Pour peu qu’elle arrive à les tirer de là.
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mar 13 Mai - 21:09

Chantez pour moi, mes braves

Esvir était suspendue aux lèvres du jeune homme quand il se leva pour faire face aux autorités. Tout reposait sur lui, et avec un peu de chance les deux autres partiraient sans demander leur reste. Mais ça... C'était sans compter sur le remarquable talent que semblait posséder « Vil » pour échouer tout ce qu'il entreprenait. Oh nan, j'y crois pas, mais quel con, fut à peu près les seules paroles qui tournèrent en boucle dans la tête d'Esvir. Elle eut même une pulsion meurtrière quand le blond sembla enfin comprendre le subterfuge et eut comme seul et unique réaction un clin d’œil gros comme l'arrière train de tante Elma, c'est-à-dire... tout sauf petit et discret.

Esvir était abasourdie par la tournure que prenait les événements, elle se surprit même à regarder l'eau de manière mélancolique. Ah sainte-mère, pourquoi l'avait-elle pas laissé buller dans son vomi à la taverne ? En ce moment même elle serait sûrement en train de poutrer du pilier de tavernes... Quelle poisse.

" Récapitulons, Monsieur: Elle vous a volé votre bourse, a exigé que vous lui payiez un verre et quand vous avez refusé ses hommes de main ont voulu vous punir ?"

À ces mots Esvir ne pu réprimer un gémissement de désespoir proche du sanglot en se plaquant la main sur le front.

La seule réponse qu'elle eut au sourire de l'autre fut un regard foudroyant, puis elle lui désigna la fontaine l'air de dire "tu veux y refaire un tour hein ?!".
Mais il avait raison de lui laisser la main, Dieu sait où ils en seraient sinon. Elle se passa la main dans les cheveux puis se leva de manière à être en face aux deux autres hommes :

"Regarde, junior, adressa-t-elle au blond en parcourant la courte distance qui la séparait des autorités pour délicatement pauser sa main nue sur la joue du moustachu, qui paru pétrifié par ce contact : comment on parle aux hommes."
Suite à ses paroles Esvir décocha un prodigieux coup de tibias dans les valseuses du pauvre homme . Il tomba à genoux, les mains sur son entre-jambe -qui avait dû remonter lui chatouiller les amygdales-, gémissant comme une fillette.

"Oouh ! Ça défrise hein ?" S’exclama Esvir en sautillant à cloche pied. Le coup avait été tellement fort qu'elle s'était aussi fait mal.

Mais pas le temps d'en rire que l'autre lui bondit dessus. Hélas Esvir fut plus rapide et lui claqua les deux mains au niveau des oreilles avant de le propulser, d'un coup de pied dans le ventre, le cul dans la fontaine.

Cette situation leur donneraient sûrement quelques secondes d'avance, en espérant que cela serait suffisant pour les semer. Esvir fit volte face et saisit le bourgeois par l'avant-bras pour détaller comme un lapin Rhosgobel. Le premier virage fut si serré, qu'il manqua de peu à mettre fin à leur course folle.

Les pavés défilaient sous les bottes d'Esvir, mais rien à faire, les rues étaient désertes. Rien ne pouvait leur servir de cachette. Et l'autre était si lent ! Quel boulet, Esvir se demandait si elle n'allait pas le larguer dans les pattes des autorités pour gagner encore du temps. Mais cette pensée fut très vite balayée par une autre. Elle tourna le visage vers le bourgeois :

" Le marché ! C'est notre dernière chance !"

Un carrefour, puis un autre, les gens étaient moins timides et commençaient à peupler le passage au fur et à mesure que la course poursuite les menaient vers les rue marchandes. Mais cela ne suffisait pas pour se noyer dans la masse -sans mauvais jeu de mots pour « Vil »- si bien les autorités étaient toujours sur leur talon. C'est alors qu'à l'angle d'une rue, Esvir aperçu un marchand de tapis. Au coin du petit stand étaient suspendus par un anneau un petite dizaine de tapis qui touchait terre. Elle se stoppa net, tira l'homme vers elle en lui passant son bras autour de la taille de façon à le serrer contre elle, puis s'enroula dans les tapis.

Il faisait chaud, il faisait noir. La proximité avec « Vil' » était telle qu'Esvir sentait la cage thoracique de l'homme se soulever frénétiquement contre elle. Il n'avait sûrement pas l'habitude de fuir les autorités. Esvir profita néanmoins de la situation pour détendre l’atmosphère à sa manière. Elle serra encore un peu l'étreinte qu'elle avait, pressant l'homme contre sa poitrine et sussura :

"C'est intime uh ?... elle baissa les yeux : C'est un livre que je sens ou tu es content de me voir ?"

Mais très vite elle entendit les pas des autorités marteler le sol et se tut, incitant l'autre à faire de même, ou du moins, calmer sa respiration.
Et là, de très longues secondes s'écoulèrent. Elle n'osait plus respirer, plus battre des cils et si elle l'avait pu, elle aurait stopper son cœur, histoire d'être sûre.
Les deux hommes se stoppèrent un instant, discutèrent, s’engluèrent puis repartirent au petit trot. Mais Esvir ne dessera pas sa prise pour autant, elle voulait s'assurer que les hommes ne reviendraient pas sur leur pas et elle ne souhaitait en aucun cas que l'autre zigoto brise tous ses efforts en sortant trop tôt.

Bien, le silence avait durer assez longtemps. Elle sortit de sa cachette en fouillant dans ses poches. Elle posa un belle pièce d'or sur le comptoir en face du vendeur un peu perplexe :

"Et vous nous avez jamais vu. L'autre attrapa la pièce et sourit :
-Vu quoi ?
-Oh je vous aime vous." Dit-elle en joignant les mains en signe de prière.

Esvir se retourna vivement vers le blond. Elle hésita un instant à lui passer un savon dont elle avait le secret, mais préféra le fusiller du regard une fois de plus.
Elle se mit à avancer d'un pas décidé, en ordonnant d'une voix pas très sympathique:

"En route, je t'amène chez moi. Et ne me claque pas dans les bras, car là, je te laisser séché au soleil comme un hareng, compris ? ... Et redis-moi ton nom, j'l'ai pas compris avant. "  

._______________
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Jeu 15 Mai - 12:22

Elle était impressionnante.

Ses coups étaient justes et précis, ses réactions rapides et logiques. Vilsburt n’eut le temps de rien faire, il la suivit au plus vite, non sans avoir auparavant mené sa main à son pantalon, dans un réflexe purement masculin, en grimaçant face au sort de Fabuleuse- Moustache. Il lui lança un regard désolé et courut sans se retourner.

« Oouh ! Ça défrise hein ? »
Vilsburt fut tiraillé entre l’envie de rire face à cette pique justement trouvée, et la tristesse de voir disparaitre à jamais un tel visage. Une glorieuse moustache à en faire pâlir le plus beau des balais !

L’Homme à l’art capillaire- facial ne sera point oublié.

Courir était un bien grand mot : il se faisait tirer et manquait lâcher sa prise à chaque tournant. Il avait été entraîné aux sports et avait eu droit à ses victoires, mais il s’agissait là d’un tout autre niveau ! Elle le traînait dans les ruelles à une vitesse hallucinante, tant et si bien qu’il ne savait plus du tout où il se trouvait. Il l’entendit lâcher le mot ‘’marché’’ et vit en apparaitre les couleurs.
Le souffle court mais les yeux brillants, Vilsburt pénétra dans un nouveau monde de surprise et de trésors qu’il n’avait encore jamais exploré. Il faillit perdre son bras lorsqu’elle tira soudainement dessus et le plaqua contre un mur de tissus, les couvrant d’un tapis bariolé.
Quelques secondes furent demandées à son esprit pour qu’il comprenne qu’ils s’étaient arrêtés, et qu’elle leur avait trouvé une cachette. Enfin, il pouvait reprendre son souffle et même le taire, où ils les trouveraient.

Quelques autres pour qu’il se rende compte de leur… proximité.

Et son cœur refusa de se calmer. Son souffle, à l’instar de se calmer, s’accéléra. Il eut chaud, il sentit ses mains devenir moites. Son cœur battit si fort qu’il remonta le long de sa gorge, chemin que prirent aussi son estomac et son bas-ventre.

Voilà qui était… gênant. Et pas du tout cocasse. Vilsburt savait se tenir en présence des Dames, c’était une de ses qualités, il savait être juste et correcte. Mais jamais aucune de ses connaissances n’était venue se frotter à lui ainsi. Jamais. Il leva le visage vers le ciel en fermant les yeux, fort, pour tourner sa concentration ailleurs. Sa voix, étouffée par les tapis, lui parvint doucement. Il sentait, dans ses intonations, un immense sourire.

‘’C'est intime uh ? C'est un livre que je sens ou tu es content de me voir ?’’

Il n’était pas sûr de comprendre l’allusion, ne voulait pas la comprendre. D’ailleurs, quand il y réfléchit plus d’une seconde son souffle s’accéléra et il hyper ventila. Il sentit qu’il ne tarderait pas à rejoindre – une fois de plus ! – l’inconscient, mais les réminiscences de ses instincts de survie (s’ils étaient minces, il n’en était pas encore totalement dépourvu) lui rappelèrent la force de la jeune femme et la douleur sur sa joue. Aussi se dit-il qu’il avait mal entendu et il murmura à demi-voix une prière que son prêcheur lui avait enseigné dans sa toute jeune adolescence, avant même qu’il ne prenne conscience de ses… conditions :

« SeigneurEtTousLesSaintsPardonnezMaFaiblesseEtFaitesMoiOublierCesSeins' »


Mais le dire les lui rappella, il les sentit contre lui et se sentit rougir de plus belle, la panique montante.

«ParLaSainteTriadeJeNeSuisQu'unHommeMaisUnGentlemanAussi. SiDieuMePardonneMaLignéeEtMesAncetresNeLeFerontPas,
AlorsIdéesImpuresEtIndignesDeMoi,ParMaVie
LaissezMoiEtVadeRetroSatanas!! »


Ses pensées volèrent soudain vers le Couloir des Mémoires de sa demeure, là où toute sa famille avait son portrait affiché. Airs austères et prisonniers, poussiéreux et mélancoliques, non, Vilsburt ne voulait pas se les mettre à dos et préférait mourir noyé que de voir leurs esprits le hanter. Il ne serait pas la honte de sa famille, jamais !

Se souvenir de sa vieille Tante Alberte-Marguerite l’Auguste le calma immédiatement.
Avec tout cela, il ne vit pas les Autorités passer près d’eux, et à peine la femme lancer une pièce au marchand avec qui elle échangea quelques paroles.

Ainsi libéré, il respira à fond et se calma presque immédiatement. Le contrôle, c’était le secret de son éducation.

Ils sortirent à la lumière. Et quel Soleil ! Jamais il n’avait brillé si fort sur son visage, jamais il n’avait vu tant de couleurs vives, jamais il n’avait entendu tant de bruits et d’égozillements.

« En route, je t'amène chez moi. Et ne me claque pas dans les bras, car là, je te laisser séché au soleil comme un hareng, compris ? ... Et redis-moi ton nom, j'l'ai pas compris avant. »

Les yeux brillants plus que jamais et l’adrénaline retombée, Vilsburt se rendit compte que pour la première fois de sa vie, il avait vécu une aventure, une vraie. Alcool, violence, noyade, combat, fuite et cachette !! Il sublimait tout. Et tout était sublime.

Était-il temps de rentrer ? Il vit que la lumière avait baissé, il était tard, même si la nuit n’était pas encore tombée. Devait-il retourner sur ses pas ? Retrouver les Autorités et leur demander de récupérer sa bourse, son saut ?

Oh, et puis pourquoi se presser ? Cette femme était bien trop intéressante pour qu’il s’en aille immédiatement, il voulait en apprendre plus. Il serait toujours temps d’aviser plus tard. Et dans ce cas, autant continuer le jeu !

« Je m’appelle Vilsburt, commença-t-il, Gol’ Vislburt. »

(Là ! Il eut été impoli de ne pas donner son nom complet, mais au moins ne donnait-il pas son nom de famille dans sa totalité.)

« Et vous, comment vous appelez-vous ? C’était formidable ! Absolument génial ! Et vous aviez l’air si à l’aise, dites-moi (il se pencha vers elle, une main au bord du visage pour lui chuchotter : )Vous êtes une pirate, vous aussi, n’est-ce pas ? Non non, ne répondez pas tout de suite, nous sommes au milieu de la route, ce serait trop dangereux. Je vous suis, je vous suis, ne vous arrêtez pas, mais parlez-moi ! Une femme dans ce… métier, c’est incroyable ! C’est très rare, n’est-ce pas ? Cela m’explique votre force… hm, de caractère ! se reprit-il à temps. Il allait aussi ajouter que cela expliquait et son accoutrement, et sa coiffure, mais il se rendit compte que ce n’était pas une chose à dire, aussi se tut-il. Mais êtes-vous seule ? Non non, attendez, il y a plus important, vous êtes de quel équipage ? (finit-il en baissant la voix, lâchant ces deux mots comme s’il s’agissait du plus grand secret qui soit) Non attendez ! s’exclama-t-il en se redressant et faisant sursauter quelques badauds par la même occasion, vous et vos amis n’auriez pas réagi dans la taverne si vous n’aviez pas été des – Ferrés – vous aussi. Mais c’est absolument fantastique ! Fabuleux ! Formidable ! Et combien d’aventures… non, de compagnons… non non, attendez, je ne sais plus quoi demander, que faire, je…. Non, Si ! Comment vous nommez-vous ? »

Ces fluctuations de vois pour cacher les mots tout en s’emportant dans ses enthousiasmes, il n’arrivait plus à les maîtriser. Pour qu’un Golden perte la maîtrise de son Contrôle, il fallait sincèrement qu’il fut au bord de l’émerveillement. Cela, bien entendu, elle ne pouvait le savoir, car jamais il ne pourrait lui avouer qu’il était l’héritier d’une famille si riche que tous connaissaient leur nom, si importante qu’ils mangeaient à la table du roi, si chanceux qu’il y avait de quoi être jaloux.
Gol ne se rendait pas compte du danger dans lequel il était, non. Il suivait la pirate sans cesser de parler, prêt à boire chacune de ses paroles.

Et puis soudain il s’arrêta :

« On va chez vous ?! »
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mar 1 Juil - 22:23

Visburt Gol... Bien. Après avoir récupérer l’information Esvir se désintéressa du monologue du blond. Décidément, ce n'était pas que l'alcool qui lui donnait la parlotte. De qui pouvait-il bien tenir ce côté théâtrale ? Elle soupira fortement en prenant une ruelle à droite. Nom, profession, appartenance...  le dénommé Gol était d'un curieux enthousiasme et d'un enthousiasme curieux, cela lui poserait sûrement des problèmes plus tard.
Enfin, Esvir s'interdisait de réfléchir à l'évolution du blond si il devenait un membre des Ferrés. Elle ne savait que penser de l'homme. Mais la cascade de question qu'il posait et l'hystérie que cela lui provoquait libéra Esvir de la tâche de faire la discute en route. Au moins ça.
Alors que Gol continuait à jouer à question réponse dans son coin, avec parfois des exclamations aiguës digne d'une jeune demoiselle face à de la belle dentelle, leur pas les menaient doucement mais sûrement vers le bord de mer et les quartiers pauvres, là où résidait Esvir.

Par miracle, il conclut enfin sa tirade alors qu'elle passait le petit porche de sa maison, au toit fraîchement refait:

"On va chez vous !? Dit-il alors qu'elle ouvrait la porte
-Oui. Bienvenu." Répondit-elle simplement en le poussant à l'intérieur avant de refermer la porte derrière elle.

Le rez-de-chaussé baignait dans la lumière de fin d'après midi. Il fallait bien avouer qu'elle était en désordre, la grande table ronde qui trônait au centre de la pièce était jonchée de cartes, d'instrument de mesure, boussoles, papiers en tout genre et autres bouteilles. La veille, Une bonne partie de l'équipage avait honoré de sa présence la maison d'Esvir afin de planifier le départ imminent des Ferrés. La carte était tracée de la main du capitaine et traversait la mer de Lancala vers les pays du nord. Sans un mot, Esvir doubla le blond et alla déblayer tant bien que mal le meuble, dans un soucis de confidentialité, il faut bien l'avouer.
Après tout, sans l'avale du capitaine, Vilsburt Gol n'était qu'un étranger dans sa demeure. En roulant la carte Esvir posa ses yeux sur l'homme. Contrairement à d'habitude ce n'était pas un regard haineux ou courroucé, elle avait simplement planté ses prunelles dans les siennes, cherchant à sonder le fond de son âme afin de se convaincre qu'il était digne d'être un Ferré. Un regard inébranlable, peut-être gênant pour celui qui le subissait.

Puis, sans un mot, elle tourna les talons, ouvrit un buffet et en retira une petite clé noir. Elle grimpa l'escalier abrupte qui menait au comble et plus précisément à sa chambre. Comme sur le navire elle n'aimait pas laissé ses appartements accessibles. C'était une femme quand même, un peu d'intimité quoi ! De plus elle devinait bien que l'homme allait farfouiller une fois qu'elle serait partie. Un mauvais pressentiment l'habitait et elle ne voulait pas laisser ses vêtement à porter de main... Elle ne croyait pas si bien penser. Après avoir verrouillé à double tour l'accès à l'étage comme une vieille avare, elle descendit l'escalier :

"Bon, petit Gol, puisque tu veux tout savoir : je suis en effet une pirate, excellente déduction de ta part, tu as face à toi la bosco du merveilleux équipage des Ferrés." Dit-elle en foulant le plancher de son rez de chaussé.

Elle se dirigea vers la table et plus particulièrement vers sa chaise - pourquoi "sa" chaise ? C'était la seule à avoir des accoudoirs. Lesquels était fortement appréciés par la jeune femme car le fait de se vautrer quand la soirée était trop longue ou l'alcool trop fort est plus beaucoup plus aisé. Du coup les habitués de la masure l'avait nommé « the Copper's Chair » ou « La-chaise-gare-à-toi». Donc oui, SA chaise-  sur laquelle reposait son baudrier. En le passant elle poursuivi :

"Et puisque tu es si curieux, je suis Esvir Copperbruise- Copper pour les intimes- at your service. Conclu-t-elle avec un sourire en finissant de boucler sa ceinture.
Bon en revanche, tu m'excuseras mon lapin, je suis forcée de te laissé un petit instant ici. Tu veux toujours rejoindre les Ferrés n'est-ce pas ? Dans ce cas je dois aller chercher le patron. Tu t'évanouiras pas en le voyant hein ? Car tu vois, c'est pas à moi de prendre les décisions ici, je ne suis qu'un pion."

Pendant qu'elle parlait, elle s'était activée à compter les lattes de son parquet, à s'arrêter sur la cinquième, à tirer dessus, puis se rappela qu'il s'agissait de la sixième, la disloqua, pris un petit coffre qui se trouvait dessous et l'ouvrit à l'aide d'une autre petite clé.  

"Ça durera trente minute environs, le temps que je le trouve et qu'on revienne."

Elle avait enfilé le précieux tour de cou en or qui se trouvait dans la boîte. Instantanément elle senti la présence de l'autre se faire sentir dans la pièce. Une vague silhouette grisâtre s'était dessiné en face d'elle pour directement disparaître quand le métal froid toucha sa peau. Puis, alors que les deux vivants de la pièce étaient immobiles de lourds bruits de bottes se firent clairement entendre, comme si quelqu'un était allé se placé dans le dos d'Esvir. Ah, cette malédiction... Toute une histoire !  Elle prit un malin plaisir à observer la réaction de l'autre. Elle n'allait pas lui expliqué de si tôt ! Un sourire inquiétant aux lèvres, elle se dirigea vers la porte d'entrée en glissant :

"Tu verras... On s'amuse beaucoup chez les pirates."

Puis, alors qu'elle se trouvait sur le seuil, prête à refermer la porte, elle adressa à l'homme :

"Oh et... ne fouille pas trop, déjà que tu sais beaucoup trop de choses à mon sujet, ça me forcerait à te faire taire de manière pas très orthodoxe si le capitaine te refuse. Alors ne fait rien pour aggraver ton cas, sinon il s'occupera très bien de toi... Elle laissa l'ambience se tendre un peu puis lança un très joyeux: Bye !"


Esvir claqua la porte derrière elle et la verrouilla. Elle prit la route en direction du repaire en pouffant quelque peu, fière de sa sortie.

._______________
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Lun 11 Aoû - 21:01

"Bon, petit Gol, puisque tu veux tout savoir : je suis en effet une pirate, excellente déduction de ta part, tu as face à toi la bosco du merveilleux équipage des Ferrés.''

AH ! Vilsburt sourit de toutes ses dents, heureux de sa perspicacité, enthousiaste à l’idée de ce qu’elle lui disait. Il n’eut pas le temps de le dire, elle continuait :

"Et puisque tu es si curieux, je suis Esvir Copperbruise- Copper pour les intimes- at your service.’’

Elle ne cessait de se mouvoir, disparaissant dans les étages, parcourant la pièce de ci, de là, virevoltant aisément, maître de sa propre maison.

‘’Bon en revanche, tu m'excuseras mon lapin, je suis forcée de te laissé un petit instant ici. Tu veux toujours rejoindre les Ferrés n'est-ce pas ?’’

Il hocha frénétiquement la tête.

‘’ Dans ce cas je dois aller chercher le patron. Tu ne t’évanouiras pas en le voyant hein ? ‘’

S’évanouir ? Pourquoi devrait-il s’éva…

‘’Car tu vois, c'est pas à moi de prendre les décisions ici, je ne suis qu'un pion."

Le regard du jeune homme suivait le moindre de ses mouvements. Elle était aussi étrange, aussi unique que le mobilier de la maison. C’était fascinant à observer. Elle se saisit d’un objet qu’il eut de la peine à discerner dans la pénombre.

"Ça durera trente minute environs, le temps que je le trouve et qu'on revienne."
Gol’ allait dire quelque chose, n’en eut pas le temps. Un bruit étrange retentit dans la pièce. Il vit soudain apparaitre devant lui l’image d’un homme qui disparut à l’instant où il cligna des yeux. Il était pourtant certain de ne pas avoir rêvé…

Et c’était la chose la plus effrayante dans cette situation.

Immobile, il tendit l’oreille, écarquilla les paupières. Il n’y avait que lui et elle, ici, il en était certain. Mais un bruit de pas brisa le silence plus brusquement que si les Autorités avaient défoncé la porte. Était-ce le fameux capitaine des Ferrés qui s’en venait ? Non, c’était impossible, elle n’avait même pas eu le temps de s’approcher de la rue. Mais alors… quid erat ?

Il la regarda, elle, à défaut de trouver l’origine de ces bruits.
Elle souriait.

Et ce sourir ne présageait rien qui vaille.

"Tu verras... On s'amuse beaucoup chez les pirates."
Elle ouvrit la porte, se glissa à l’extérieur et juste avant de m’enfermer dans cette bâtisse maudite, glissa ses dernières recommandations :

"Oh et... ne fouille pas trop, déjà que tu sais beaucoup trop de choses à mon sujet, ça me forcerait à te faire taire de manière pas très orthodoxe si le capitaine te refuse. Alors ne fait rien pour aggraver ton cas, sinon il s'occupera très bien de toi...’’

Pétrifié. Glacé. Appeuré. La tension grimpait, lourde, plus lourde qu’un ciel orageux lorsque le dieu du Tonerre refuse encore de hurler.

Un dernier sourire étira ses lèvres, ses yeux pétillaient. Un ‘’Bye !" fut lancé et la femme aux étranges cheveux, celle qu’on appelait ‘’Esvir Copperbruise- Copper pour les intimes’’… mais serait-ils jamais intime ? Serait-il, lui, seulement vivant avant la fin du jour ? elle s’en alla, l’enfermant dans sa maison.
Dans le noir.
Et pas seul pour un sou.

Comment dire… il savait, il ‘voyait’ qu’il était la seule âme vivante de la pièce. Mais il avait trop lu pour ne pas hésiter, tout de même. Ulysse, Héraclès, Jason, Persée, tous les grands héros avaient eu affaire aux êtres de l’au-delà ! La Pythie n’en avait-elle pas aidé un à faire revivre les morts ?
Et si elle était une sorcière ? Et s’il était avec un fantôme ?

Il se sentait observé.

Il regarda autour de lui, sans pouvoir bouger ses jambes. À l’heure qu’il était, son maître d’hôtel devait avoir alerté sa garde personnelle. S’ils n’avaient pas retrouvé sa trace d’ici demain, ce serait la milice – et ses parents – qui seraient mis au courant.

Il frissonna.

Et s’il n’avait pas suivi le voleur ? Il aurait signé le contrat, serait en train d’arriver dans son logement du soir d’ici peu, paisiblement tiré dans la carriole par de belles bêtes, rêvant déjà au délicieux chocolat chaud – un met exquis, que seuls les plus riches bourgeois pouvaient s’offrir ! – qui l’y attendrait.
Vilsburt avait faim. Il avait froid. Il était fatigué, après tant d’excitation, et nerveux après tant d’intimidation gratuite et perverse.

Mais que faisait-il là ?

Il retint sa respiration, n’entendit rien. Mais il n’osa plus fixer le coin d’ombre, résolument vide si vide qu’il semblait en aspirer la vie, où se tenait la jeune pirate auparavant.

Une pirate. Qui était allé chercher son capitaine. Qui le tuerait, s’il n’était pas satisfait de lui.
Il était encore temps de fuir. La fenêtre ne devait pas être trop difficile à ouvrir. Il lui suffirait de s’en aller et de classer cette affaire dans le dossier ‘’aventure de jeunesse’’, bien qu’il ne fut pas certain que c’était cela que mentionnait son père, d’un regard lourd et parfois accompagné d’un clin d’œil, lorsqu’il parlait ‘’d’aventure de jeunesse’’.

Mais alors, partir sans un mot ? Ce n’était pas très distingué. Elle lui avait sauvé la mise, tout de même, il lui devait au moins des remerciements !

Il chercha du regard de quoi écrire. Ne trouva rien d’autre que le bric-à-braque fabuleux qu’elle avait amassé là au fil de ses voyages.

Vilsburt sentit son visage rougir sous l’excitation naissante et ses yeux briller de passion.
Elle avait bien voyagé, cette Esvir.

Esvir. Ce nom lui plaisait. Il coulait sur la langue comme un nom unique, venu d’ailleurs, de loin, retenu par aucune règle, libre et intemporel. Un peu comme elle.

Esvir la pirate. Ah, voilà qui laissait en lui un sentiment d’admiration frôlant la mélancolie. Ce qu’il ne donnerait pas pour être comme elle. Courageux. Fort. Et… oui, libre. Ce terme revenait souvent.
Son ventre grogna, il frotta inconsciemment sa main dessus, presque surpris de l’entendre. Ça n’arrivait pas souvent. Sa main tomba sur sa poche, dans laquelle il sentit un objet… Il y glissa les doigts.
C’était une pièce d’or. Une large pièce rutilante, qui parvint à scintiller dans la semi-pénombre de la maison Cooper.

Il la regarda.

Une pirate, comme Simbad. Un Fantôme, oui, il était prêt à le parier. Une fuite. Un poison. Enfin, un alcool imbuvable qui n’avait le nom d’alcool que parce qu’on l’appelait ainsi. À y penser, ces deux dernières heures avaient été plus riche en émotion qu’une année de sa vie. Son cœur battait comme s’il lisait un de ses récits favoris. Et pourtant, c’était à sa vie, qu’il pensait.
Il regarda la pièce, comme hypnotisé.

Vilsburt ne savait pas s’il était quelqu’un de spontané. Il n’en avait aucune idée et ne s’était jamais posé la question. Peut-être n’avait-il jamais vraiment eu l’occasion de l’être.
Mais en regardant cet argent qu’il pensait ne plus posséder, le mot fortune frappa son esprit. Mais cette fortune n’était pas pécuniaire, non, c’était celle de Fortuna, la déesse du destin.
Il remit sa vie entre ses mains.

Il lança la pièce.

Quand il releva la tête en ouvrant les yeux, son regard sur le monde avait définitivement changé.
Lui aussi voyagerait. Lui aussi, il verrait des terres inconnues. Il y vivrait des aventures inédites, combattrait des ennemis immortels, ferait des rencontres mémorables !
Il ne serait plus un Golden. Sa nouvelle vie avait commencé par sa bourse d’or, dérobée. Son nom ne signifiait donc plus rien. Qu’était un Golden sans son or ? La moitié de lui-même.

Il serait Gol’.

Enfin… S’il survivait à la nuit.
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Mar 4 Nov - 22:27

Note:La mise en page ainsi que quelques corrections viendront sous peu! Bisous bisous


Les semelles de ses bottes crisaient sur le sable, son sourire c'était depuis peu effacé de ses lèvres, Esvir pensait.
Trouver le capitaine. Et après ?

« J'ai rencontré un sinistre et peu doué inconnu qui nous cherchait, se disait-elle en agitant les mains, Du coup... J'ai jugé bon... de... enprenantcomptedesonparfaiteincompétence, de le ramené chez moi afin d'en faire... un ferré... »

Elle se stoppa sur la plage, fixant une vague dont l'écume caressa  - presque avec amour – ses semelles. Mon dieu... c'était le plan le plus foireux qu'elle allait présenter au capitaine. Esvir n'osait penser à la réaction du Jeune. Loin de craindre sa colère, elle imaginait parfaitement son capitaine décliner avec un calme olympique la nouvelle recrue, relevant au passage l’ineptie qu'elle venait de commettre puis la laisser à toute sa gêne en vacant à nouveau à ces activités palpitantes de capitaine pirate, comme si de rien n'était.

Et après ? Après quoi ? Devrait-elle véritablement tranché la gorge de ce pauvre blondinet qui sentait bon le savon ? Se débarrasser de son corps rendu volontairement méconnaissable depuis quelque falaises environnantes après l'avoir dépouillé de tous ses biens ? Esvir fit la moue. Un vague vint à nouveau mourir en léchant ses semelles :

« Sachez néanmoins capitaine, que ce jeunet semble sorti d'une bonne famille ! On pourrait en tirer un bon prix !» S'exclama-t-elle, toujours pour elle même en reprenant sa marche d'un pas énergique l'index en l'air.

Sas plaidoirie imaginaire se poursuivit et s'estompa alors que la crête brune disparaissait derrière une dune.  

Le repère des Ferrés n'était pas aisé à dénicher, ce qui est logique vu qu'il s'agissait d'un repère secret. Après avoir traversé les nombreuses dunes, saluer le ferré déguisé en pêcheur qui gardait le passage, Esvir s’attela à la lourde tâche de descendre le petit escalier qui longeait la paroi rocheuse et qui arrivait -de lointains mètres plus bas- à une entrée cachée qui menait à la grotte des ferrés. La grotte bleue comme elle aimait l'appelée.

Les Ferrés, au fils des ans, avaient tissé un grand réseau d'échafaudages le long des la cavité rocheuse, le tout formant une structure à palier, agrémenter de campements où des ferrés volontaires veillaient constamment, même quand l'équipage n'était plus sur le continent. Des torches montraient le chemin à travers l'obscurité humide de la cave marine, les lattes, espacées et vieillies, des nombreux petits ponts menait parfois à des cul-de-sac, des petites hangars, ou encore des chambres logées dans de grandes aspérité des la roches,que certaines pirates avaient mollement aménagées -à l'aide de toile tendue ou autres planches de bois- pour obtenir un peu plus d'intimité. Bien sûr les stock d'alcool y était grand et l'aspect général de bric-à-brac empilé et relié de la structure était bien représentative de l'esprit des Ferrés.

Esvir déboucha sur un étage assez haut qui permettait d'avoir un beau point de vue sur le QG. La lumière du jour parvenait timidement à l'intérieur de la grotte et se reflétait sur l'eau qui soulignait avec élégance la ligne de la coque du Pacte. Le vaisseau, tel une vision irréaliste, patientait en grinçant joyeusement dans le petit bras de mer qui atteignait le fond de la grotte, parmi le campement des pirates. Le ronronnement lointain des roulements des vagues qui s'écrasait à l'extérieur fournissait un fond sonore constant qui avait quelque chose... d’apaisant. En tout cas pour Esvir. Cette dernière ne pouvait s'empêcher de sourire bêtement  à cette magnifique vue. Puatin ce qu'elle aimait sa vie.
Mais pas le temps de s'attarder, un maladroit personnage patientait chez elle, et cette idée ne lui plaisait guère. Trouver le capitaine, vite.

***

Le Constat était simple : introuvable, tout bêtement introuvable. Elle savait bien que le capitaine n'était pas le plus massif des hommes qu'elle connaissait mais quand même ! Ça se repère de loin un capitaine pirate !
C'était pas faute de ne pas avoir été stratégique. Esvir c'était rendu au lieux favoris du capitaines, puis avait cherché près des feux de camp où il y avait le plus de monde, s'était rendue sur le pont du Pacte où l'activité était dense à cause du départ imminent des Ferrés, elle s'était même surprise à soulever le couvercle des tonneaux de rhum, histoire d'être sûre. Mais non, l'homme à la chevelure noire et aux yeux singuliers était nul part. Et personne ne semblait se rappeler l'avoir vu, jusqu'à ce que un jeune membre de l'équipage se permit d'interrompre timidement la discussion qu'avait Esvir et un autre pirate :

« Excusez-moi, contremaître ? Ce nom là, ne restait jamais trop longtemps en bouche des membres d'équipage, preuve que le jeune garçon était encore peu habitué à sa nouvelle vie. Le capitaine est parti.
-Comment ça ?
-Il est parti vous chercher d'après ce qu'il a dit..."

Esvir regarda le garçon d'un air perplexe et réalisa : Le capitaine était parti la chercher, ce qu'il voulait dire qu'il allait chez elle, ce qui voulait dire qu'il allait ouvrir la porte. Elle eut le douloureux souvenir de lui avoir confier un double des clés il y a fort longtemps pour des raisons pratiques. Il allait ouvrir la porte et tomber sur Gol. Tomber sur Gol, sans qu'elle ait le temps de présenter la situation, tomber sur Gol sans qu'elle ait le temps de...

"Oh... Mon dieu ..."

._______________
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MessageSujet: Re: Oh Compagnons! (RP Esvir)   Sam 13 Déc - 16:56

Et donc le départ était imminent. Les rations avaient été préparées, les hommes restant à terre désigné et surtout, surtout, le capitaine était sobre. Et ça c’était pour sûr un signe de départ prochain. Il avait revêtu son long manteau aux couleurs de sa famille et avait aiguisé sa lame. Elle, faite d’un acier léger, à la poignée si usée par le temps, aux gravures significatives sur la partie haute de la lame. Elle, sa plus fidèle compagne dont il n’avait jamais mentionné le nom. S’il y avait peu de chose que le capitaine Gaps chérissait plus que son équipage c’était sa lame principale.

Mais voilà le souci était le suivant. Il avait bien envie de larguer les amarres là, maintenant, tout de suite mais impossible. Esvir était introuvable. Du moins, elle était introuvable aux alentours du Pacte. Alors qu’il réfléchissait à tous les lieux possibles où sa bosco aurait pu poser un pied et après avoir interrogé tous les membres de l’équipage qui le croisait il plongea la main dans une de ses poches et senti le contact froid avec le métal. Il se souvint alors qu’elle avait une résidence à Calico et qu’il avait le double des clefs dans sa cabine. Ah ! Il se doutait bien que ce double finirait un jour par lui servir. Il marmonna dans sa barbe bien fournie et non taillée quelques juron sur son habilité à la réflexion de moins en moins rapide et une fois la fameuse clef récupéré se dirigea vers la demeure d’Esvir en prévenant un ou deux marins sur son passage. Mais il était tellement pressé qu’il leur avait lâché l’info d’une façon peu compréhensible. Et d’un pas décidé il fit route vers Calico. Il avait fallu qu’elle choisisse une ville qui se fait assommer quasiment tous les jours par un cagnard insupportable.

Après quelques zigs zags entre les échoppes, les déchets dans le caniveau et les ivrognes, il s’arrêta un instant pour converser avec un indigent. Pas d’infos croustillantes à apprendre avant de mettre les voiles. Il laissa une pièce à la brave unijambiste malgré tout. Il faut entretenir une relation même si elle n’apporte parfois rien. Et il repris son chemin l’air de rien. Il évita soigneusement une garnison de bordeaux et noirs. Ça n’était pas vraiment le moment de faire parler le fer. Il devait mettre la main sur Esvir et fissa ! Surtout qu’il ne se promenait pas incognito aujourd’hui et certains de ses hommes avaient grincés des dents en le voyant partir ainsi vêtu et repérable à mille lieux !!

Quand il parvint enfin devant la bâtisse il fit tourner la clef dans la porte. Et l’ouvrit à la volée.


«ESVIIIIR TU VAS RATER LE DEPART ! J’ESPERE QUE TU CUVES PAS TOUT CE… »



Il se figea. Un petit bonhomme se tenait là. Il venait sans aucun doute de lancer une pièce en l’air au vu du reflet des quelques rayons sur l’objet. Objet qui se tenait au dessus de sa tête en attendant de retomber. Un cambriolage ?! Bon et comme il avait fait preuve de la plus grande des discrétions au monde en entrant le gus allait sans doute prendre la fuite. Il dégaina alors sa dague «au cas où».


«Nom d’un banc de mérou ! T’es qui toi l’freluquet ?! Où est la dame ?! »



Il ne voyait pas son visage mais peu lui importait, dans tous les cas, sa dague était pointée vers lui. Et si il avait des complices cachés… BHA ! Le plus important était de savoir ce que cette demi-portion foutais là et surtout, où se trouvait Esvir….

._______________
.___Un homme se bat pour ce qui lui manque le plus.




    Jouant avec... Rhan Gaps Cap'tain' des Ferrés, maudit (voir fiche)
    Spoiler:
     




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