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 Poussiéreux! (Libre!)

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Aazu
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MessageSujet: Poussiéreux! (Libre!)   Mer 19 Fév - 23:10

L'atmosphère était lourde, dans la ville, dans la rue et dans sa boutique, sans doute à cause des après-midi ensoleillés et des pluies abondantes le soir? "Oh! De la bergamote!", nom du dit magasin, ne battait pas son plein ces derniers jours. Les nouveaux arrivages, caisses de bois et tonneaux modestes, emplis de durs lainages, de verre poli, de cuir brun et pierres semi-précieuses s'entassaient deçà delà, sans ordre apparent.

L'endroit paraissait étriqué, rempli dans les moindres recoins de petits trésors ou de babioles sans grandes valeurs: longues-vues, petits coffres, plumes, collier de coquillages, anneau en or, cordes... L'ensemble pouvait être éclairé de vieilles lampes à huile ou de lanternes dégoulinante de vieille cire jaunie. La seule source de lumière provenait de l'unique fenêtre à double battant du fond, dont la propreté du vitrage laisser clairement à désirer. Les rares rayons qui filtrait se brouillard artificiel allaient s'écraser sur des murs de bois massif et sur les solives gravées du plafond.

Et c'est dans un coin -près de la porte du fond qui menait au appartement de l'occupant- qu'une silhouette se détachant de l'ombre, se balançait doucement sur une chaise, d'où raisonnait le doux tintement de pièces de cuivre et d'or (enfin les rares présentes). Après tout, que faire d'autre? La pluie revenait, des gouttelettes commencèrent à dégringoler sur la vitre, a claquer sur les tuiles et à battre l'enseigne qui grinçait au vent.

Un soupir fut suivi d'un cri puis de battement d'ailes furieux. Bon sang! Quand est-ce que quelqu'un, n'importe quoi, finira par pointer le bout de son nez?
La silhouette se mouva, coula de l'obscurité à la lumière, s'accroupi, puis commença à attraper des caisses et à vider leur contenu, lentement, puis d'y placer sur le comptoir du magasin. Un autre battement plus furtif se fit entendre, ça commençait même de piailler!

"Mais tais-toi!"

On distinguait plus clairement le visage de la propriétaire, à présent tourner vers la source mouvante du bruit pour y mettre fin. Le haut du crâne enserré dans un foulard vert, les yeux bordés de légères cernes grises, un coin de la bouche légèrement retroussé, elle se releva -s'époussetant le cuissot- pour rabrouer le volatile quand il lui sembla, si son ouïe ne la trompait pas, que la cloche d'entrée avait tintinnabulé.
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Zozheed
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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Dim 2 Mar - 20:33

Esvir avait quartier libre pour la journée et il fallait bien avouer qu'elle n'avait pas grand chose à faire. Elle ne connaissait pas très bien la capitale, donc personne à qui rendre visite, aucune bonne adresse à laquelle se rendre pour faire passer le temps et, par principe, elle n'aimait pas boire seule. Elle décida d'aller se perdre dans les rues et ruelles, histoire de mieux faire connaissance avec la ville.
Le temps était doux quand elle quitta le navire, son long manteau de cuir sous le bras. Mais de gros nuages noirs naissaient à l'horizon au fur et à mesure qu'elle flânait. Et alors qu'elle sortait d'une énième boutique sans qu'aucun achat ne soit fait, elle sentit des gouttes s'écraser sur ses bras. Esvir continua sa course du même pas nonchalant, enfilant son manteau en marchant. La pluie ne la gênait pas. Elle jeta un coup d’œil sur les différentes enseignes qui s'offraient à elle dans la rue sur laquelle elle venait de déboucher. Celle qui retint son attention fut « Oh ! de la bergamote ! », l'intituler pour le moins original la fit sourire.

Elle passa la porte en faisant tinter une clochette. Elle resta un court instant à l'entrée, battant son manteau pour  faire tomber les gouttes de pluie. Ses yeux pianotèrent sur les recoins la petite boutique. D'après son nom, Esvir s'attendait à une sorte d'officine, mais elle se trouva face à un joyeux bazar d'objet en tout genre. Alors qu'elle finissait d'apprécier le lieu, elle remarqua la gérante, derrière son comptoir où était éparpillé des marchandises et perché au-dessus d'elle, un perroquet au regard cruel. Elle la salua de manière joviale et s'engouffra un peu plus dans la boutique.
Elle fouilla quelques minutes en restant silencieuse pendant que le volatile se manifestait de temps  à autres. L'endroit était exigu, sombre, surchargé et un peu crapoque ; Esvir aimait bien ce lieu, ça lui rappelait un peu la cale du navire de Maslak. Elle se stoppa devant une étagère sur laquelle étaient exposés des outils marins : lunettes de vue, boussoles, cordes, cartes... Finalement la jeune femme se décida pour un nouveau sextant avec de multiple lentilles colorées. Elle enjamba quelques caisses pour accéder au comptoir où se trouvait la marchande. Esvir se fit la réflexion que le lieu était à l'image de sa propriétaire : original et avec du caractère.

"Vous avez une belle boutique, dit-elle de but en blanc en sortant sa bourse pour payer, on y trouve tout ce qu'on veut."
Elle sourit à la femme en face d'elle. C'est alors qu'un coassement peu amical sortit du bec de l'oiseau attirant le regard de la bosco aux cheveux hérissés qui demanda:
"Qu'est-il arrivé à votre perroquet pour qu'il n'ait plus de plumes au c... " Esvir stoppa sa phrase remarquant la couleurs de celles qui coiffaient son vis-à-vis. Il ne lui en fallait pas plus pour comprendre. Elle fixa un moment l'oiseau exotique, se rappelant son secret désir de posséder un oiseau. Désir de gosse en fait, au Feufolet une des prostituée possédait des petites perruches qui sifflaient et chantaient merveilleusement bien. Depuis elle en a toujours voulu comme compagnons.

"Où l'avez-vous eut? Reprit-elle en posant la somme indiquée pour l'objet sur le bois du meuble. Je ne cherche pas un perroquet mais plutôt, hm, des petites perruches blanches et jaunes avec des joues rouges... ha bordel, comment ça s'appelle déjà... dit-elle en faisant claqué ses doigts dans l'espoir que ça lui revienne : AH ! Des calopsittes !" S'exclama-t-elle. Elle laissa couler quelques secondes en réfléchissant à la façon dont elle allait formuler sa requête : "Je sais pas si c'est dans votre offre, mais... Vous pensez pouvoir m'en procurer quelque part dans la ville ?"


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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Mer 5 Mar - 10:30

Il y avait quelqu'un sur le seuil. Elle se redressa pour mieux jauger l'arrivant qui secoua son manteau. Fallait-il remercier la pluie pour cette venue?

Habits colorés, bras musclés, en général bronzée. Cette personne devait voyager. Au signe de main, Leigh lui renvoya la pareille puis retourna dans ses caisses, tout un gardant un oeil rivé sur la potentielle cliente. Cliente que se dirigea vers un présentoir à niveau contenant des objets de navigations, un autre indice en soit, ça ne devait pas être une citoyenne lambda.
Le perroquet, comme à son habitude, changea de poste et alla se percher au-dessus de la fille, de manière à épier d'un regard accusateur les faits et gestes de cette dernière.
Ce volatile, pas particulièrement amical ni commode de nature, devait prendre du plaisir à surveiller la boutique; on dit que ses oiseaux sont intelligents, mais lui, il ne parle pas, il préfère fouiner, alerter et attaquer les éventuels voleurs.

Au bout de quelques minutes, elle avait choisit un sextant, c'est tout naturellement qu'elle se rapprocha du comptoir pour régler le tout, bourse en main. Pas le temps de dire le prix -ou d'en inventer un autre- que l'autre commença à parler.

Sitôt la conversation engagée, sitôt L'Oiseau alla directement se poser sur le comptoir. Leigh le poussa de la main pour qu'il déblaie le plancher, non sans protestations, ses griffes abîmant le bois vernis.
Visiblement, elle était très intéressée par son compagnon à plumes, à la grande incompréhension de Leigh. Puis s'en suivit une déferlante de questions mêlée à du monologue. A peine eut-elle le temps d'ouvrir sa bouche pour répondre à la première question que la deuxième s'en suivit; à celle-là pas le temps d'y répondre non plus. La seule accalmie fut offerte lorsqu'on fixa son perroquet. Et puis c'était reparti.

"Qu'est-c'qu'elle me radote encore celle-là?"
Sous son regard légèrement incrédule, la fille continua sur sa lancée.

Petites perruches? Caloquoi? Dans son offre? Procurer? Quoi?
Elle avait une tête à vendre des perruches maintenant? Ou bien ça se voyait qu'elle ne vendait pas que des objets "communs"? Cette fille, là, en face, fleurait plutôt le pirate que la mère de famille... Le petit sifflet de bosco ne passe pas inaperçu, et des filles sont très rarement engagée sur des navires "officiel". Mais pas de quoi baliser... au contraire.

Oui, elle pouvait lui procurer ce genre d'oiseaux, mais tout dépend de ce qui se passe dans les Souterrains, faut-il encore tomber sur un trafic d'animaux en tout genre, que le braconnier en question aille ces perruches... et qu'elles soient encore vivantes. A force d'y penser, Leigh voyait vaguement de quel volatile il s'agissait. Autant les gros comme L'Oiseau se trouvait facilement, autant les calopsittes étaient fragiles et peu communes. Mais on ne va pas décevoir une telle cliente, ça non, surtout si elle connaît du beau monde sur les navires, ça, ça lui ferait une clientèle potentielle supplémentaire.

"Vous en procurez quelque part dans la ville, des petites perruches, c'est bien ça?"

Elle se frotta la nuque avec sa main gauche, prenant un air pensif, laissant flotter la discussion. D'habitude, elle sait exactement la marchandise qu'elle va "acheter", au compte de qui, et combien. Là, c'était différent, mais faisable. Un léger sourire aux lèvres, elle répondit, tout en baissant le ton malgré le désert présent dans la boutique:

"Oui, mais je ne peux dire pour quand, ni pour combien."

A ce sujet, elle ramassa la pièces posées devant elle, et les mis dans sa bourse. Le compte était bon. "Quelque part dans la ville", faut pas être grand clair pour savoir où, cette fille savait des choses... Elle reprit tout de même:

"Mon perroquet ici présent -elle le pointa du pouce- n'a pas été acheté dans un souk. Mais c'est différent pour les calipoturc, si vous voyez ce que je veux dire..."

Ses sourcils se levèrent en saccade, comme un sous-entendu.
Une question se posa tout de même: fallait-il lui proposer de venir avec elle? Elle restait une inconnue, et si c'était un traquenard, là, à coup sûr, Leigh perdrait plus que deux auriculaires... Non trop risqué, et c'est plus classe d'apporter la marchandise comme un prince. Un bon service client laisse tout le monde content.

Son compagnon plumé lui grimpa sur l'épaule, martyrisant encore un peu plus le tissu de son vieux par-dessus.

"Combien vous en voulez? Et pourquoi si ce n'est pas trop indiscret? Après tout, on est entre copains."

Leigh tapota un numéro et un P marqué au fer à l'intérieur de son bras droit. C'était petit est placé proche d'un tatouage, l'ensemble restait discret.

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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Sam 29 Mar - 14:34

La marchande récapitula la demande d'Esvir en se frottant le nuque, méditant sur la question. C'est à ce moment que cette dernière remarqua les mains mutilées de son vis-à-vis. Cette Femme avait dû avoir une vie pour le moins intéressante, mais elle ne se permit aucune remarque. Après un instant de battement la marchande reprit :

"Oui, mais je ne peux dire pour quand, ni pour combien. Esvir hocha simplement la tête, préparant sa réponse pour la suite. Mon perroquet ici présent, n'a pas été acheté dans un souk. Mais c'est différent pour les calipoturc, si vous voyez ce que je veux dire... "

Elle haussa ses sourcils en saccades, pour bien signifier que sa marchandise pouvait parfaitement venir d'origine louche. Loin de déranger Esvir, elle répondit d'un sourire amusé, faisant signe de la main que cela lui importait peu.

"Combien vous en voulez? Et pourquoi si ce n'est pas trop indiscret? Après tout, on est entre copains." A la fin de sa phrase, la femme pointa sur son bras une marque de fer, un « P » avec le numéro qui allait avec.

Esvir posa un moment son regard sur la marque. C'est vrai qu'elle n'avait pas cherché à cacher sa profession et le fait que son interlocutrice en fut également une expliquait beaucoup de chose: la façon de se vêtir, les tatouages, l'oiseau... Après cette brève contemplation, elle reporta son attention sur le visage de l'ancienne pirate, affichant un grand sourire presque carnassier:

"En effet, nous le sommes".

Elle embarqua le sextant et le glissa dans la grande poche de son manteau.

"J'en aimerais deux, si possible. Et pour le prix je suis prête à payer assez cher -après tout, c'est un produit de luxe non?-, à vous de ne pas me prendre pour une bille.
Quand à la raison, ma foi, si ça vous intéresse tant que ça, c'est une sorte de... désir de gosse.
Elle passa la main dans ses cheveux et reprit : Je connaissait une prostituée qui en possédait plusieurs et ça m'a.... marquée. Et d'après ce que vous m'avez montrer, vous savez ce que c'est, la monotonie de la mer. Alors quelques chants d'oiseaux ne me feront aucun mal. Elle laissa quelques secondes de flottement avant de préciser: En revanche, mon équipage lève l'ancre dans moins d'une semaine, mais je pense que ce n'est pas un grand problème, vu la diversité de l'offre de vos fournisseurs" Elle se permit d'imiter la mimique que l'autre avait employé: haussant les sourcils à quelques reprises.
Suite à cela, elle voulut poser sa main sur le comptoir, mais elle croisa le regard meurtrier du perroquet. Elle décida d'interrompre son geste et, avec un sourire gêné, glissa  sa main dans sa poche. Elle avait le pressentiment que ça allait mal se finir avec cet oiseau. C'est alors que, gardant toujours un œil sur la créature démoniaque, elle ne put s'empêcher d'interroger la marchande:

"J'ai envie d'être indiscrète à mon tour : vous avez dû renoncer suite à la chasse? À quel équipage apparteniez-vous?"
Ne sachant pas quelle réponse l’intéressait le plus, ses deux questions fusèrent à la suite.

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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Ven 11 Avr - 21:24

On attend pas bien longtemps pour la réponse à ce genre de question. La conversation s'engagea en douceur, les clients avec la parlotte, c'est sympa -surtout quand on arrive à en placer une, ce qui n'est pas toujours évident pour note pirate en retraite anticipée.

Bingo! Leigh avait bien senti l'affaire, et ce n'est qu'après confirmation qu'elle repéra, enserrant la taille de son vis-à-vis, un foulard bleu. Une ferrée? Elle avait trop de chic pour être dans les Bêtes. Déjà à l'époque, ce dernier équipage ne lui inspira guère confiance, les Ferrés, eux, c'est différent. Comment s'appelait le capitaine déjà? Randy? Raoul? Ranou comme le jambon?

"... prostituée..."

Ce mot la ramena dans la conversation, avec chance, elle capta la fin de la phrase, l'essentiel! La forme de contrat tant attendue et désirée!

"...En revanche, mon équipage lève l'ancre dans moins d'une semaine, mais je pense que ce n'est pas un grand problème, vu la diversité de l'offre de vos fournisseurs."

Moins d'une semaine? Il fallait agir beaucoup plus rapidement que prévu. Le plan échafauder à la va-vite devait changer, il fallait tenter un coup de poker! Si en ce court laps de temps, Leigh arriva à obtenir des calio-bidules dans les souterrains, ça pourrait lui faire un contact dans cet équipage, chose qu'elle n'avait pas... Une idée germa dans son esprit.

La présumée ferrée voulut poser sa main sur le comptoir, mais L'Oiseau l'en dissuada, il faisait bien son boulot ce petit, peu être avec un peu trop d'entrain des fois, ce qui confirma un peu plus les intentions de Leigh quant à l'obtention des fameuses perruches... Elle sourit. Avec un geste légèrement pataud, sa cliente rangea sa main gantée dans la poche de son manteau, une jolie pièce cela dit, elle devait avoir quelques moyens la donzelle.

La conversation, ou plutôt le monologue pour le moment repris sous les aires inquiets de la fille face à un perroquet qui gonfla ses plumes, signe d'un agacement. Sale bête. Intelligente, dressée, mais désagréable. Leigh des fois n'échappait pas à cette tempête de plumes mal lunée, ce qui ne l'empêcha pas de lui lancer un regard tendre.

"J'ai envie d'être indiscrète à mon tour : vous avez dû renoncer suite à la chasse? À quel équipage apparteniez-vous?"

Sympathique et polie! Une belle soirée s'annonce! Et la question, ah, nostalgie. Comme sa réponse fut amenée sans autre, Leigh répondit tout de go:

"Renoncer? Pas tellement, contrainte plus tôt, une triste histoire, de mon point de vue en tout cas. Elle remua ses deux petits moignons de doigts et cligna de son oeil grisâtre, marquant ainsi une légère pose. Les Désaxés, on portait bien notre nom remarque, j'étais seconde du capitaine, commandante qu'on disait! On a même pas eut le temps de fêter l'assassinat de notre pochtron de capitaine que les autorités débarquèrent, profitant de l'esprit de trouble mêlé à la ripaille dans un équipage depuis trop longtemps désoudé... Je te passe les détails. Mais bref, bref. C'est du passé."

Elle leva les deux bras en signe d'innocence, ce qui n'avait pas servit à grand chose à l'époque, même pas à éviter la pendaison! C'est son rang de "bonne femme" qui le lui épargna. Mais revenons en à nos oiseaux.

Il fallait avancer son pion maintenant, même si l'idée était un peu loufoque, au fond d'elle une intuition lui disait que c'était maintenant, instinct de marchand. elle reprit avec entrain, les doigts pianotant sur le plan en bois lasuré:

"Je peux vous obtenir les perruches sans doute ce soir. Pour cela, je vous offre la nuit dans ma demeure. A l'étage -elle pointa l'escalier à sa droite- vous trouverez mes appartements: de quoi se laver et manger, un lit, des trucs... Garder la boutique. Je reviens dans 4 heures. Mon perroquet reste avec vous, mais attention, il est redoutable."

Un petit clin d'oeil appuyé conclu sa phrase.
Le crépuscule était confortablement installé, le moment de se fondre dans les souterrains pour pourchasser le graal était venu!
L'idée d'enfermer un cliente dans sa boutique était saugrenu, incongru, presque stupide. Mais son magasin ne contenait plus d'armes ou de choses de contrebande, des babioles tout au plus, et il y avait L'Oiseau. Un cambriolage lui ferait même un petit coup de publicité dans le pire des cas!

Allons bon, sur ces entre faits, Leigh attrapa son manteau accroché à la porte de la cage d'escalier. Au passage elle tapota amicalement dans le dos de la cliente et lança, tout en s'avançant vers la porte, clé en main:

"Je reviens dans 4h avec tes oiseaux, reste ici, et tout ira bien. Puis elle s'adressa à son compagnon à plume: L'Oiseau, chouchou, n'enlève aucun oeil cette fois."

L'Oiseau la regarda s'en aller, en siffla doucement.

Avec un dernier sourire adressé à la pirate, elle retourna la pancarte accrochée à la porte d'entrée de "Oh! De la bergamote!". De "Fermé" la pancarte retournée passa à "Fermé", c'est Leigh elle même qui fit la pancarte, mais comme elle ne lisait que très mal... Puis la clé tourna une fois, puis une deuxième dans la serrure en fer zingué.

Silence et poussière.

Et c'est ainsi que, dans un Landylake sombrant dans la nuit, qu'une cliente ferrée ce fit enferré - c'est le cas de le dire- dans une boutique au fond d'une ruelle perdue avec pour seule compagnie un perroquet malveillant, meilleur système de sécurité, pardi!

Ce dernier, une fois Leigh partie, ce mit à voleter en cercle maladroit autour de la fille, en poussant des cris roques, le regard perfide:

"Je suis l'air, je suis la mort" aurait-il pu dire...

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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Mar 6 Mai - 20:10

La clé crissa trois fois dans la serrure, Esvir, de son côté, n'avait pas bougé, cherchant toujours à comprendre se qui se passait.

"Elle m'a... enfermé dans sa boutique ?" fini-t-elle par articuler une fois que la marchande s'était éloignée dans la ruelle et que le silence régnait dans la pièce.

Avec de grands pas elle se dirigea vers la porte et tira sur la pognée avec force. Voyant que cela ne fit que légèrement craqué le bois elle recula et répéta :

"Elle m'a enfermée dans sa boutique." Elle fit quelque pas, désemparée. Puis elle se frotta énergiquement les cheveux avant de répéter encore une fois : "Mais elle m'a vraiment enfermée dans sa boutique la bougresse !"
Elle s'assit sur un tonneau, une jambe repliée sous l'autre en se pinçant l'arrête du nez. Etait-ce si difficile que ça de lui dire « revenez demain » ? Et si elle avait peur qu'Esvir ne revienne pas, elle aurait pu lui fixé un prix en avance et laisser Esvir partir. Mais là, alors là... Esvir releva les yeux et réfléchit aux paroles de la femme. Désaxé... Oui, le raisonnement qu'avait dû faire la marchande ressemblait bien à l'état d'esprit d'un désaxé. Et pas une petite pointure ! La commandante des Desaxés ! Misère, dans quel pétrin c'était encore mis Esvir ? Cette femme avait assassiner son capitaine et en parlait sans rougir.

"D'autres mœurs, d'autres mœurs..." Murmura-t-elle toujours dans ses pensées.
Après tout elle avait du temps devant elle pour réfléchir. Quatre heure à attendre... Tien, elle sortirait d'ici à quelle heure ? Elle se tourna et se retourna, cherchant une horloge. Mais il fallait croire que l'autre avait gardé ses habitudes de marin. Le fuseau horaire changeant régulièrement sur un navire, une horloge n'était d'aucune utilité. Elle se releva enjamba quelques décombres afin de se dirigé vers la fenêtre du fond de la boutique. La crépuscule était déjà bien là et à voir la saison il devait être 8heure ? 8Heure30 ?

"Hé bin, on est pas sorti." soupira-t-elle
Soulever les couvercles des boîtes qu'elle trouvait, faire de grands pas en lançant en avant, jeter un œil aux ouvrages ... Esvir tentait de tuer le temps comme elle pouvait. Sans grand succès à vrai dire. Elle se mit à siffloter en lorgnant l'escalier, allait-elle se permettre de monter dans les appartements de cette inconnue ?
Un sifflement retenti à nouveau dans la pièce, mais ce n'était pas le sien. Elle pivota et visa le perroquet qui se trouvait au sommet d'une étagère, l'air mauvais.

"Ho ça va toi hein, j'ai rien fait de mal ! J’espère que mes perruches seront moins connes que toi."


Elle fixa encore un instant l'oiseau qui gonfla ses plumes avant s'en détourner. Grave erreur. Aucun bruissement d'ailes ne se fit entendre que les serres acérées du monstre déplumé s'enfoncèrent dans le cuir de son manteau. Surprise, Esvir se mit à gesticuler dans tous les sens, pour dénicher l'oiseau, qui commençait à percer avec force la protection qu'offrait son par-dessus.

Le perroquet tomba sur le flan sur le parquet abîmé de la boutique.  Esvir recula de quelques pas en regardant l'état de son épaule. Le cuir avait souffert, mais la peau en dessous avait juste rougir sous la pression.
Le regard vert et jaune se croisèrent à nouveau, tout deux fulminant. L'heure du deuxième roud avait sonné. Ce fut de nouveau le perroquet qui attaqua hardi ponpon. La tornade jaune et bleu s'en pris au genou d'Esvir, déchirant avec fureur le tissu de son pantalon. Elle eut comme idée de se défaire de son manteau afin de le lui balancer dessus, dans l'espoir de lui faire lâcher prise. L'entreprise s'avéra efficace, mais pour une courte durée. Pareil à un diable bondissant de sa boîte, l'oiseau surgit de sous le manteau droit vers la face d'Esvir. Luttant bec et ongles pour ne pas se faire défigurer, elle trébucha sur l'une des caisses et tomba à la renverse. Dans sa chute, sa main s'agrippa à ce qu'elle pu. Mais le rayon d'étagère qu'elle saisit se disloqua et lui resta dans la main, freinant à peine sa chute. Elle s'étala de tout son long avec grand bruit dans la boutique.
Elle râla, une main derrière la tête et une douleur vive à la lèvre que l'animal avait réussi à pincer avant de fuir. Mais un bruit inquiétant attira son attention. Elle leva les yeux vers ladite étagère qui vacilla dangereusement avant de basculer sur elle. Son juron se perdit dans le bruit de tonnerre qu'effectua le meuble.

Quand elle rouvrit les yeux, l'étagère était suspendu à quelques centimètre au-dessus d'elle. La chute avait été stoppé par table, sûrement placée là par la providence. Elle s'extirpa de son trou, furieuse. Le peu de bon sens qui lui restait dans cette colère noire l'empêcha de justesse de plumer l'animal de façon définitive. Néanmoins elle arracha de la table une vieille tapisserie bleu et or qui retraçait la généalogie d'un ancienne lignée royale éteinte dans le sang et les pleurs. Ne s'attardant pas sur ce détail, elle alla déniché l'oiseau du haut d'un étagère en battant l'air à l'aide du tissu. L'oiseau s'envola et se posa très vite sur le comptoir, en face. Son absence de queue devait l'empêcher de parcourir une logue distance. Loin de s'apitoyer Esvir avança vers lui, le regard cruel. Elle répéta la technique du manteau: elle lança la tapisserie sur le volatile afin de l’immobiliser. Mais cette fois-ci elle ne le laissa pas s'échapper. Malgré le fait qu'il se débattait comme un fou, Esvir tenu bon et l'enferma dans son petit baluchon. Une fois l'affaire dans le sac, elle grimpa les marches quatre par quatre, ouvrit la porte qui menait aux appartements et lança, avec beaucoup une certaine rage, tapisserie et oiseau démoniaque à travers la pièce et claqua la porte sans y jeter un dernier regard.
Elle prit la peine de redresser l'étagère avant de prendre place sur le tabouret.
La marchande avait intérêt à lui faire un prix.

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MessageSujet: Re: Poussiéreux! (Libre!)   Jeu 11 Sep - 20:39

C'était le moment de courrir, de ne pas perdre la moindre petite seconde.
Si le bon Dieu existe, faites qu'il y aie ses maudits volatiles dans les bas fonds de la contrebande!

La tête et l'esprit embrumés par des interrogations en pagaille, l'emplumée fonça droit  vers la prochaine entrée -discrète- des souterrains, le tout dans une obscurité d'après crépuscule. Arrivée près d'une intersection, en contrebas d'une bouche d’égout, Leigh jeta un coup d'oeil en direction de sa boutique (peut-être verrait-elle des giclées se sang sur les vitres?), puis à gauche et enfin à droite. Personne, sauf un ou deux mendiants. Parfait.

Soulevant la vieille porte en bois contre plaqué gonflé à l'humidité, elle s'engouffra sans cette sorte de soupirail vertical. Désormais, c'était un autre type d'obscurité qui l'entourait, donnant dans la moiteur et la moisissure. Il fallait encore marcher une bonne dizaine de minute avant d'atteindre l'entrée; mais du moment qu'on connaît les dédales sombres, ça va. D'ailleurs, on commençait à percevoir un murmure, qui fini par enfler pour devenir un véritable bruit de fond.Dès qu'on n'est plus seul face à sa respiration, c'est que les affaires commencent. Mais n'entre pas qui veut!

Après s'être présentée à une sorte de garde greffé à sa porte d'entrée, et de lui avoir accordé un signe, notre pirate à la retraite arriva enfin dans le haut lieu du crime organisé en bandes et de la vente illégale de biens merveilleux! Les souterrains de la capitale, m'enfin!

Plus de temps à perdre, je te prends les piafs, je paie et pico bello!

Elle vérifia tout de même si elle avait sa boursicotte. Impeccable, que la chasse commence! Leigh commença tout d'abord par s'enfiler dans un couloir évasé à sa droite, peu peuplé mais avec quelques échoppes montées à la va-vite, mais rien d’intéressant. Elle poursuivit à gauche, dans une antichambre, mais hormis des épices et des fourrures, rien de plus mort ou de moins vivants, soupir. Puis elle continua tout droit, des marchands la hélait au passage, vantant les mérites de potions et filtres exotiques, puis vint un tunnel de putes et des liseuses de bonne aventures (de quoi la mettre peu à son aise). Et c'est ainsi que s’enchaînèrent mètres, kilomètres de dédales bruyants et étouffés qui ne contenant pas la perle rare. A l'instant où son courage lui fit défaut, une odeur animale lui monta aux narines.

Serait-ce?

Suivant son odorat, Leigh déboucha finalement dans un recoin du souterrain garni de cagettes et caisses légèrement mouvantes. Elle en dépassa une ou deux, tout en jetant des regards discrets à leur contenu: des petits singes, des serpents, des sortes de chiens-singes mangeur de feuilles... ce n'est qu'après la vingtième cages qu'elle aperçu un homme d'apparence bourrue, elle l'appela:

"Hep' dans votre animalerie ambulante, vous auriez pas des oiseaux?"
(On va taper large au début, question de tactique).

L'homme d'une banalité grotesque se retourna, puis acquiesça d'un hochement de tête.
"Oiseaux des îles." Fut la réponse entendue.

Leigh s'avança d'encore quelques pas, en direction des cages, d'où sortait des piaillement plaintifs. Effectivement, il y a avait les oiseaux peu communs, mais en petit nombre. Sinon, il n'y avait personne d'autres. Elle reconnu des perroquets ara bleu, des gris du continent, inséparables et autres, mais points de calliopsites, morbleu!

"Et des callopsites?"
Devant le regard incrédule du type, elle se sentit obligé se rajouter.

"Qu'ça vaut cher, avec des ronds rouges sur les joues, et une crête."

Est-ce que les piafs avaient des joues? La phrase fit écho cette fois-ci, le vendeur se pencha vers une minuscule volière au sol. Elle tendit le cou, et elle les vit. Amen! Mais elle était déçues par la taille, petites boulettes de plumes fragiles.

"Pas de plus gros?"
"C'est ça ou rien."
"Adulte?"
"Ils ne tètent plus leur mère"
"Ah."

Silence.

"J'en prends deux, et les moins morts!"
"'va être cher."
"Combien?"
"40 pièces d'or chaque."
"20"
"35"
"30"
"35"
"30"
"30"
"Marché conclu"

Et on lui remis un petit cageot, contenant deux frêles volatiles à l'air malheureux et apeuré qui émir des sifflement si légers, si légers... Les pièces passèrent d'une main à l'autre. Cher pour ce que c'était.

***

Cinq longues heures après son départ, Leigh rejoignit sa boutique, les mains pleines et le ventre vide, ça creuse tout ça. Il n'y avait pas de sang sur les vitres, la boutique n'avait ni brûlée ni disparue, elle tourna trois fois la grosse clé dans un sens (dont une fois dans le mauvais, saloperie!) puis entra enfin chez elle.

Yeux écarquillés, vitrines à terre, mais que? Apocalypse! La cliente était toujours là, mais pas de traces d'Oiseau.

"Quéquicépasséici?"

Elle déposa le butin sur une caisse proche du comptoir.

._______________
Lat skûm zash dagrî


Holy Masterpiece of party queens!:
 
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